• Coeur froissé


    Le coeur froissé par l'effroi
    Des draps qui ne sont pas de soie
    Ca et là le soir qui se déplace
    Les ombres des loups me glacent

    Lèvres gercées aux commissures de sang
    Visage putride d'élève qui sort des rangs
    L'odeur  des corps des bourreaux de la haine
    La pestilence de leurs suaves et fétides haleines

    Je n'avais plus rien d'humain, plus rien d'enfantin. Une poupée de porcelaine posée sur un lit défait. Une douce senteur de lavande et de marjolaine lavée de sueurs infâmes et de jus crasseux. On va jouer avec toi, disaient les voix des loups silencieux, tu vas aimer ça hurlaient leurs cratères flanqués de dents parfaitement rangées.

    Rangée, arrangée, dérangée, la chandelle de ce jeu m'a brûlé la gorge et la peau à jamais. Depuis les crécelles chantent faux, les marelles secouées par les eaux, la dentelle fanée, la femme enfantée.


  • Commentaires

    1
    Lundi 5 Novembre 2007 à 17:20
    Bonsoir Flo....
    j'espère que ta "grippe" n'est pas trop forte. Tes textes sont encore si dur !! Ahhh cette vie parfois, comment est t'il possible de tant souffrir. Merci pour tes pensées d'hier, (ces roses jaunes de l'espoir, du soleil) Merci Flo de tout ton soutiens Bisous réconfortants
    2
    Flo
    Lundi 5 Novembre 2007 à 21:19
    Ne me remercie
    pas, c'est tout à fait normal, bises ma saxo
    3
    Mardi 6 Novembre 2007 à 22:57
    Bises du soir....
    Flo....tu es pour moi une grande amie.
    4
    Mercredi 7 Novembre 2007 à 11:16
    B'jour Flo...
    ...encore des textes en clair-obscur, comme des papil-lons au message lourd dont on ressent les mots avant même de les décrypter... Bravo, et bises pour toi :)
    5
    Mercredi 7 Novembre 2007 à 16:36
    Lien de sang
    Au dehors, des fillettes jouent à la corde... une corde écarlate... le sang y circule encore peut-être... mais on ne saute pas au-dessus de soi-même... on trébuche, la corde se serre, il paraît que ça fait grandir a dit maman ... Ce n'est qu'un jeu m'a-t-il soufflé, un jeu de lien, le lien qui me relie encore à lui, un lien crasseux de mon sang séché. Mais je vois la corde dans leurs mains... innocentes. Pourvu qu'elles la tiennent encore longtemps elles-mêmes et que leurs rires pansent de vieux cris comme de petits rubans roses... Douces pensées, Flo...
    6
    Mercredi 7 Novembre 2007 à 16:43
    Une poupée de porcelaine...
    Je veux donner l'idée d'un divertissement innocent. Il y a si peu d'amusements qui ne soient pas coupables !... Quand vous sortirez le matin avec l'intention décidée de flâner sur les grandes routes, remplissez vos poches de petites inventions d'un sol, - telles que le polichinelle plat mû par un seul fil, les forgerons qui battent l'enclume, le cavalier et son cheval dont la queue est un sifflet, - et le long des cabarets, au pied des arbres, faites-en hommage aux enfants inconnus et pauvres que vous rencontrerez. Vous verrez leurs yeux s'agrandir démesurément. D'abord ils n'oseront pas prendre; ils douteront de leur bonheur. Puis leurs mains agripperont vivement le cadeau, et ils s'enfuiront comme font les chats qui vont manger loin de vous le morceau que vous leur avez donné, ayant appris à se défier de l'homme... Sur une route, derrière la grille d'un vaste jardin, au bout duquel apparaissait la blancheur d'un joli château frappé par le soleil, se tenait un enfant beau et frais, habillé de ces vêtements de campagne si pleins de coquetterie. Le luxe, l'insouciance et le spectacle habituel de la richesse, rendent ces enfants-là si jolis, qu'on les croirait faits d'une autre pâte que les enfants de la médiocrité ou de la pauvreté. A côté de lui, gisait sur l'herbe un joujou splendide, aussi frais que son maître, verni, doré, vêtu d'une robe pourpre, et couvert de plumets et de verroteries. Mais l'enfant ne s'occupait pas de son joujou préféré, et voici ce qu'il regardait :... De l'autre côté de la grille, sur la route, entre les chardons et les orties, il y avait un autre enfant, pâle, chétif, fuligineux, un de ces marmots-parias dont un œil impartial découvrirait la beauté, si, comme œil du connaisseur devine une peinture idéale sous un vernis de carrossier, il le nettoyait de la répugnante patine de la misère... A travers ces barreaux symboliques séparant deux mondes, la grande route et le château, l'enfant pauvre montrait à l'enfant riche son propre joujou, que celui-ci examinait avidement comme un objet rare et inconnu. Or, ce joujou, que le petit souillon agaçait, agitait et secouait dans une boîte grillée, c'était un rat vivant ! Les parents, par économie sans doute, avaient tiré le joujou de la vie elle-même... Et les deux enfants se riaient l'un à l'autre fraternellement, avec des dents d'une égale blancheur... Charles Baudelaire... Une façon de faire écho aux " Dents parfaitement rangées "... Je suis attendri par votre coeur froissé par l'effroi. Bien à vous. Armanny
    7
    meloman34
    Jeudi 8 Novembre 2007 à 10:36
    cette photo
    me GLACE.
    8
    Flo
    Jeudi 8 Novembre 2007 à 21:15
    Gat', je ne sais pas
    vraiment s'il faut dire bravo à ça mais merci quand même... Bises
    9
    Flo
    Jeudi 8 Novembre 2007 à 21:16
    Ligeia, c'est à la fois
    beau et terrible cette histoire de corde de sang et de liens... ça fait remonter certains souvenirs, si on peut encore les appeler ainsi... Bises
    10
    Flo
    Jeudi 8 Novembre 2007 à 21:43
    Merci Armanny
    pour cette prose de Baudelaire que je ne connaissais pas, c'est en effet un très bel écho... Bises
    11
    Flo
    Jeudi 8 Novembre 2007 à 21:44
    Meloman, cette photo
    me glace aussi, je la trouve inhumaine, monstrueuse et bien d'autres adjectifs... Pourtant elle est bien loin de reflèter la réalité. Bises
    12
    Vendredi 9 Novembre 2007 à 12:19
    Oui mais Flo...
    ...ce n'est pas à "ça" que je dis bravo, c'est à "toi" :)
    13
    Vendredi 9 Novembre 2007 à 12:36
    Coucou tite miss
    Cette photo reflète bien la réalité, mais pour cette petite fille le cauchemar n'est pas encore commencé et la peur est entrain de la gagner, ce genre de photo me rend toujours triste et la haine rempli mon métabolisme. La rage et la peine remplisse mon cœur et transforme ainsi toute mais douleur. (Armanny très bonne culture, je pense le lire un jour et tu vient de m’encourager un peu plus a le faire). flo désolé de ne pas passer souvent mais des que je le peux je le fait toujours.
    14
    Flo
    Vendredi 9 Novembre 2007 à 15:53
    Je l'avais bien compris, Gat'
    mais n'empêche que je ne le mérite pas non plus ce bravo... Rebises
    15
    Flo
    Vendredi 9 Novembre 2007 à 15:54
    Lepoete, passe quand tu le peux
    ça me fera toujours plaisir. Tu peux aller lire Armanny grâce à son lien, c'est un grand poète que j'apprécie tout particulièrement. Bises
    16
    Vendredi 9 Novembre 2007 à 15:55
    Pardon ?
    ...moi je décide que tu le mérites :) Re-bises aussi :)
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