• Embrasser les arbres

     

    Je suis allée me perdre au milieu de la forêt et j'ai poussé un hurlement terrible. Un cri qui a déchiré le silence des arbres et qui a fait s'envoler des myriades d'oiseaux. Leurs plumes se sont greffées dans mes cheveux et mon esprit a volé avec eux. Le ciel pour mémoire. Leur chant s'est mêlé à ma voix. En suspens. Mon cri s'est perdu dans les feuilles. L'écho me l'a renvoyé maintes et maintes fois. Il était dur. Il était fou. Il a emporté ma rage, ma colère et ma peine. Il a emporté mes larmes, mes rancœurs et mes haines.

    Je suis allée me perdre au milieu de la forêt et j'ai étreins le plus grand arbre. Ma tête dans son cou rugueux, mes bras autour de l'écorce tiédie par la douceur de la journée. Sa sève a brûlé ma chair et s'est écoulé dans mon sang. Nos cœurs ont battu à l'unisson. Il m'a transmis force et courage. Nos murmures se sont chuchoté des berceuses. Apaisement, sérénité. J'ai senti les vibrations de son âme et le frémissement de la mienne. Je l'ai serré si fort que ma joue s'est égratignée sur son tronc, que mes paumes ont laissé une empreinte indélébile au creux de ses bras solides.


  • Commentaires

    1
    Vendredi 6 Juillet 2012 à 02:39
    Le ciel pour mémoire...
    Se perdre au milieu de la forêt, hurler, étreindre, vibrer. Mélanger chair, écorce, sang, sève. Quel emportement vertigineux et libérateur. Bien à vous, Flo. Armanny
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