• Feuilles volantes de l'enfance violence

     



    C'est un jour sans. Un jour sans fin. Et j'imagine cent fins. Cent fins d'un jour avec. Sauf que c'est un jour sans. Et que de fin il n'en reste qu'une, enfin : continuer à écrire sur ma feuille volante, qui ne sait pas voler. A moins que je ne la froisse. A moins que je ne la jette. A l'autre bout d'une pièce. Pour qu'elle y laisse des traces. Pour qu'elle y reste en place. Pour qu'elle perde ses plis. Et ses arêtes coupantes.

    J'ai froissé ma feuille volante. Et je ne sais plus quoi y écrire. C'est traversée de sensations fugaces, volantes et volatiles, que je voudrais écrire. Mais il y en a trop. Toujours ce trop. Comme une nuée de papillons qui s'abattent sur moi. Alors je m'en vais et je n'écris pas. Car le trop me fait peur. Car le trop me fait fuir. Puis il me fait partir, au galop sur ma monture d'angoisse, pour semer des papillons, dans le creux de mes sillons.

    J'ai froissé ma feuille volante. Elle ne s'est pas fâchée. Je l'ai jetée au loin. Elle n'est même pas revenue. C'est comme ça, parfois. Je ne mesure pas le poids de mes gestes. Je jette sans vouloir jeter, sans le vouloir vraiment. Et puis, ça ne revient pas. Et puis, ça ne revient plus. Quant au poids de mes mots, je le passe sous silence. Quand au fardeau de mes maux, je le laisse au silence.

    J'ai traversé la pièce. J'ai ramassé ma feuille volante. Elle était si légère. Je l'ai dépliée, avec le dos de ma main, comme on peut défroisser d'une caresse. Le début de mon texte était là, intact sur le fond, froncé sur la forme. Infondé. Déformé. Puis j'ai continué à écrire sur ma feuille volante. Froissée. Je continue de dire. Je continue d'écrire. Je continue de penser, qu'à écrire mes pensées, un jour je pourrais les renier.

    C'est un jour avec. Un jour avec ma feuille, qui n'est toujours pas volante, mais qui est défroissée. Ce sont mes émotions qui s'envolent, portées par les papillons. C'est un jour avec. Et j'aimerais que le mot fin ne soit jamais inventé. Et je voudrais pouvoir écrire au fil de mes lignes. Ecrire des signes sur mes feuilles. Volantes, violentes ou non.


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  • Commentaires

    1
    Mercredi 16 Avril 2008 à 22:09
    ...
    Pour quelqu'un qui dit ne pas savoir continuer a écrire... Vous écrivez plutot bien, très bien même, mes compliments.
    2
    Flo
    Mercredi 16 Avril 2008 à 22:38
    Merci Voyageurmystique
    c'est très gentil à vous, même si je ne mérite aucun compliment : quelques fois les mots sont là, juste là, juste de simples mots, d'autres fois, ils n'y sont plus... Bises
    3
    Jeudi 17 Avril 2008 à 19:51
    Le papier...
    La feuille et l'encre ou le crayon... L'écran et les touches... J'ai depuis pulvérisé deux ordinateurs portables comme j'aurai pu de rage jeter et froisser une page blanche... Et pourtant j'en suis à mon troisième que je modère car j'ai changé en me débrutalisant. Votre texte est fantastique, j'ai le sentiment de m'y être mélangé, de m'y être retrouvé avec mes éclats de destructeur... Souvent un trop-plein déborde et il n'y a pas de capacité, une contenance qui ne soit prévu pour la reception débordante. Il est vrai que je suis " Border line ", à cette situation " Fleur de peau " où l'esprit comme vous l'écrivez devient la traversée de sensations fugaces, volantes et volatiles, que je voudrais écrire. Mais il y en a trop. Toujours ce trop. Comme une nuée ! La nuée ardente de l'écriture, qui heureusement pour moi se satisfait de n'importe quel support, du moment que je puisse le vomir de mes entrailles douloureuses. Bien à vous, Flo. Armanny
    4
    Lundi 21 Avril 2008 à 21:58
    Bonsoir Flo
    aller arrête de remuer ton passer. ET essaie d'avancer. Bisous.
    5
    correcteur
    Jeudi 24 Avril 2008 à 12:59
    bonjour Flo
    je t'embrasse..merci d'avoir pris soin d'orthoblog
    6
    correcteur
    Jeudi 24 Avril 2008 à 13:06
    suggestion
    l'expression: "à bras le corps";)
    7
    cemstyle
    Samedi 26 Avril 2008 à 14:55
    je viens de decouvrir
    ton blog et j'adore te lire, c'est vraiment genial. bizzz
    8
    Mardi 29 Avril 2008 à 15:40
    Je crois bien...
    ...qu'il ne faut pas trop se poser de questions. Utiliser les mots comme ils viennent pour écrire quand ça veut déborder, écrire c'est peut-être un peu comme écoper. Moi je suis un radeau qui boit la tasse et écope en permanence, mais j'ai trouvé mon équilibre comme ça et je ne coule pas. Et toi, quel genre d'esquif est-tu ? Bises sur les mers où tu navigues...
    9
    Vendredi 2 Mai 2008 à 13:21
    flo
    gatrasz a raison, on écrit quand sa vient, on écrit nos sentiment. si tu n'est pas inspiré y a pas de mal, ne te force pas a écrire c'est pire. bisou belle ange
    10
    Mercredi 7 Mai 2008 à 18:39
    Une feuille
    au hasard du vent, qui danse, lancinante, comme la petite douleur au ventre, inattendue, précise, familière... Une tendre pensée pour toi ici-bas :) Bisous, Flo
    11
    correcteur
    Vendredi 9 Mai 2008 à 17:23
    flo
    où es-tu???
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