• Fin de vie...



    Voilà... Je ne peux plus te regarder sans avoir des larmes plein les yeux. J'ai peur de les laisser couler, peur que tu les vois, peur que tu les sentes, peur que tu aies peur... Alors, je détourne mon regard. Je contourne le mal. Mais c'est plus fort que moi. J'ai envie de te voir, j'ai besoin de te voir, tel que tu étais avant. J'ai envie de garder ton souvenir intact, ton sourire blanc des jours heureux. Des jours où tu venais m'accueillir en fanfare et farandole et où tes petites dents égayaient ton museau.

    Je caresse ton pelage moins que tiède. Ma main hésite. Ma main tremble. Mes lèvres frémissent. Mes lèvres murmurent. Des mots que toi seul peut entendre, peut comprendre. Des mots pour te rassurer. Des mots pour t'aider. Des mots pour t'aimer.
    Je m'imprègne des endroits où tu es passé, les lieux que tu as découvert, envahis, possédés. Je refais le chemin de nos tous premiers pas ensemble, je redécouvre tes sentiers, tes cachettes, tes petits secrets.

    Douze heures s'égrènent entre les deux gélules. Douze heures d'attente. Douze heures de douleurs. Un intermède de toux, de respiration saccadée, scindée, coupée, de spasmes et de larmes. J'entends ton cœur qui bat si vite. Il va défoncer ta petite poitrine en cognant si fort pour sortir, pour exploser. Ce cœur trop gros qui comprime les poumons effarés, atrophiés, liquéfiés. Tu as le cœur gros, oui. Un cœur rempli d'amour, d'admiration et d'attentions pour moi. Un cœur qui me fait fondre.

    Les heures défilent. Peut-être les dernières. Et je redoute ce moment où je devrai t'emmener. Ce moment où tu frétilleras peut-être encore de joie en voyant la voiture, en imaginant la promenade. Puis ta déception, en arrivant dans la salle d'attente, tes regrets, tes peines, ta douleur empirée. J'imagine ta voix étranglée, la mienne muette d'effroi. J'imagine les injections, ton corps encore chaud mais sans vie, dans mes bras, petit poids. J'imagine le retour à la maison, seule avec toi. La maison vide, tes affaires...
    Et je n'ose plus lire dans tes yeux ton amour, moi qui ne peux rien faire contre tes souffrances, moi qui ne peux que te regarder souffrir en te disant que je t'aime...


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  • Commentaires

    1
    Jeudi 9 Octobre 2008 à 20:45
    Le repos éternel...
    Souffrir, c'est comprendre. Comprendre, c'est avoir de la compassion. Avoir de la compassion, c'est aimer... Bien à vous, Flo. Armanny
    2
    Flo
    Vendredi 10 Octobre 2008 à 18:24
    Aimer c'est souffrir...
    Voilà sans doute la conclusion de votre cheminement, Armanny... Un passage difficile en ce moment, très... Je vous remercie de vos mots ici et ailleurs et vous embrasse...
    3
    Mardi 14 Octobre 2008 à 11:38
    Fin de vie...
    Je viens à l'instant de découvrir votre blog, je repasserai pour le visiter plus; bonne journée bises texte magnifique malgré l'émotion
    4
    Mardi 14 Octobre 2008 à 18:10
    bonjour Flo
    je suis toute triste et émue pour toi. Il était si mignon , et puis un animal quand on l'aime! parfois cet être de peluche, nous fait plus pleurer qu'un être humain, parce qu'avec lui on vit jours après jours et qu'ilest pour nous notre compagnon, notre confident. Courage, courage, ...que puis-je dire d'autre. Bisous
    5
    meloman34
    Vendredi 17 Octobre 2008 à 19:12
    moi
    mon chien il est parti le 24 décembre 2007 avec l'aide d'une piqure, il avait 13 ans. 13 ans de promenade en duo.
    6
    Mardi 21 Octobre 2008 à 18:26
    bonjour Flo
    plus de nouvelle ? Euh je n'ose te demander ! Quoi ? dis moi ! Il est partit ton chien au paradis ? )) et pourquoi as tu souligné le mot ANIMAL ? je ne comprends ? P'têt parce que j'aurais du dire ton petit et gentil toutou )) si oui excuse moi, je ne l'ai pas fait exprès crois moi. Bisous tout doux rien que pour toi.
    7
    Jeudi 30 Octobre 2008 à 11:48
    je me souviens
    que tu étais venue lors de la disparition de mon petit chien Granit.. Je comprends et partage ta peine...Tendres pensées
    8
    Flo
    Jeudi 6 Novembre 2008 à 12:26
    Merci à vous Claury
    A bientôt pour une prochaine visite alors.
    9
    Flo
    Jeudi 6 Novembre 2008 à 12:28
    Mais non Saxo,
    Je n'ai rien souligné, ce sont ces publicités qui viennent se mettre sur mon blog et qui créent des liens que je ne sais retirer, ça m'agace. Mon petit chien va mieux avec son traitement, il est là, toujours, auprès de moi, je t'embrasse.
    10
    Flo
    Jeudi 6 Novembre 2008 à 12:29
    Méloman, je sais oui
    ce qu'est la vie en duo avec un chien... Le mien partira sûrement avec cette même piqure lorsque ses traitements n'auront plus d'effets... Pour le moment, il se remet tranquillement et va bien mieux. Merci, bises.
    11
    Flo
    Jeudi 6 Novembre 2008 à 12:30
    Merci Ludy
    je suis contente de voir que tu es toujours présente ici même si tu n'écris plus chez toi. Je t'embrasse fort et pense bien à toi, à vous...
    12
    Jeudi 13 Novembre 2008 à 20:31
    je revenais par ici
    te lire et je peux constater avec Bonheur que ton petit chien se porte mieux. gros bisous ma Flo. Porte toi bien et choye ta petite bête du mieux que tu le peux.
    13
    Vendredi 14 Novembre 2008 à 11:09
    je
    fais le tour des blogs ce matin, j'espère qu'il a pris le dessus, et qu'il se porte bien à présent : big bisous :)
    14
    Vendredi 14 Novembre 2008 à 22:44
    Youpska !
    Le wouaff-wouaff va mieux ! Donc Flo-Flo également ! (sourire)... Ainsi les après-midi se font plus éclairés, par le flot d'horizon en vaguelettes qui voguent à travers les claires nuées, rejoindre les aurores violettes... Bien à vous, Flo. Armanny
    15
    Flo
    Mardi 16 Décembre 2008 à 16:22
    Il va mieux, oui
    ... avec tout son lourd traitement... Merci pour lui.
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