• Hypnose 1


    - Mlle..., dans quel état d'esprit êtes-vous en ce moment?
    - Des mauvaises pensées
    - Quel genre? Des sentiments négatifs
    - La mort est là
    - Des sentiments négatifs à votre égard ou envers d'autres personnes?
    - Les deux. Surtout envers moi-même
    - Comment est la mort?
    - Chaude
    - Chaude? Décrivez-nous un peu plus. Est-elle loin?
    - Non, toute proche
    - Réconfortante comme une issue ou bien vous fait-elle peur?
    - Non, je n'ai pas peur. C'est la délivrance, la paix avec moi-même
    - Pourquoi n'êtes-vous pas en paix avec vous-même?
    - Parce qu'elle est toujours auprès de moi
    - Qui? La mort?
    - Elle, la mauvaise femme
    - C'est votre tante, c'est ça?
    - Oui
    - Que fait-elle auprès de vous?
    - Elle me serre dans ses bras
    - Le lui avez-vous demandé?
    - Non! Elle me serre fort pour me réconforter
    - Vous pleurez! Pourquoi?
    - Mamie est morte et je l'ai vue
    - Où êtes-vous?
    - Au crématorium
    - Que fait votre tante?
    - Elle pleure elle aussi, elle est seule
    - Elle vous serre dans ses bras, que ressentez-vous?
    - Je suis triste pour elle parce qu'elle pleure, j'ai pitié d'elle. Mais en même temps, elle me dégoûte
    - Alors vous l'embrassez vous aussi?
    - Non! Je la repousse pour m'enfuir. Je ne veux plus qu'elle me touche. Elle me fait peur avec son chagrin
    - Pourquoi vous fait-elle peur?
    - Je ne peux pas lui résister si elle pleure. Elle m'apitoie pour m'avoir. Elle sait bien que ça marche toujours
    - A votre avis, que ce serait-il passé si vous ne l'aviez pas repoussée?
    - Elle m'aurait emmenée chez elle, et puis, vous savez...
    - Non, je ne sais pas. Que ce serait-il passé chez elle?
    - Elle aurait commencé, toute seule, à jouer avec moi en attendant son mari ou leurs amis
    - Qui appelle cela un "jeu", vous ou elle?
    - C'est elle
    - Et vous, comment appelez-vous ce que vous faites ensemble?
    - ...
    - Vous n'avez pas de mot en tête?
    - Si
    - Alors je répète ma question : comment appelez-vous ce que vous faites ensemble?
    - Je ne dois pas le dire à..., j'ai honte
    - Vous ne devez pas le dire à qui? A moi, vous pouvez?
    - Non, je ne sais pas si je peux
    - Alors à qui seriez-vous susceptible de le dire?
    - A N.
    - Votre nouveau tuteur? Le Dr V. m'en a parlé
    - Je le dirai juste à N.
    - Pourquoi à elle?
    - Parce que c'est elle qui m'aide, mais je ne veux pas qu'elle m'abandonne aussi si jamais je lui ça
    - Qui vous a abandonnée?
    - Mes parents et ma mamie, ma cousine aussi
    - Quel âge a votre cousine
    - Le même âge que moi
    - Vous êtes une enfant, votre cousine est-elle avec vous?
    - Oui, souvent, on s'amuse bien chez mamie
    - Que faites-vous par exemple?
    - Des farces à mamie. On fait aussi de la dînette et de la patinette dans l'allée. On téléphone à des gens dans l'annuaire et l'on leur raconte des bêtises. Mamie est toujours fâchée après ça et elle nous envoie jouer dans la petite maison au fond du jardin. On est bien installées, avec toutes nos affaires. On est à l'abri
    - A l'abri de quoi?
    - S'il pleut, ou si mamie arrive, on ferme le verrou
    - Votre tante est-elle déjà venue dans cette petite maison ou chez votre grand-mère?
    - Non, jamais dans la petite maison. Mais, chez mamie, oui, elle vient souvent la voir
    - Votre cousine est-elle là aussi?
    - Quelquefois, mais elle ne la vois pas
    - Pourquoi?
    - Parce qu'elle ne la regarde pas, elle n'emmène que moi
    - Reprenons : votre tante vous emmène dans sa maison, à T., que faites-vous à votre arrivée là-bas?
    - Elle me demande de mettre le couvert car elle a des invités pour ce soir. Nous serons 7 : eux, moi et 2 couples d'amis à eux
    - Qui sont-ils? Les avez-vous déjà rencontrés?
    - Oui, ils travaillent ensemble
    - Viennent-ils souvent dîner chez votre tante?
    - Oui, souvent. Une des femmes est très maquillée et je trouve qu'elle s'habille comme une prostituée. Elle s'appelle M., elle est pharmacienne
    - Vous avez fini de dîner, que se passe-t-il ensuite?
    - M. veut m'apprendre à me maquiller comme elle mais je trouve que c'est trop. Mes parents ne seraient pas d'accord. Je n'ai pas besoin d'être déshabillée pour être maquillée. Tante S. arrive, elle sa fâche aussi. Tout le monde finit par crier sur moi et m'en vouloir. C'est tante S. qui hurle le plus fort et qui frappe la première. Elle me donne une gifle et me tire les cheveux. Elle dit que les nattes sont pour les petites filles sages et que je ne le suis pas. Ma maman me fait toujours des nattes terminées par des rubans. Elle dit que je suis vicieuse et malfaisante, qu'elle doit encore me punir et que je ne mérite que ça
    - Que méritez-vous, selon elle?
    - Les punitions, ce qu'ils me font faire
    - C'est-à-dire?
    - Elle m'enferme dans la chambre et puis ils viennent me toucher dans le noir. Moi aussi je dois les toucher et jouer avec eux jusqu'à ce qu'ils soient fatigués. Alors ils me laissent tranquille et je peux me reposer. Mais je n'arrive pas à dormir parce que j'ai mal
    - Où avez-vous mal?
    - J'ai mal au ventre, à l'intérieur. J'ai mal mais en même temps je ne sens plus rien, comme si j'étais endormie pour une opération. Je veux me lever mais je ne sens plus mes jambes. Je n'arrive plus à marcher, alors je reste allongée en attendant
    - Et qu'attendez-vous?
    - Qu'il fasse jour pour que tout soit oublié et qu'ils redeviennent gentils avec moi


    CONCLUSION : Une séance qui apporte peu d'éléments malgré la phase d'acclimatation réussie (grâce au nouveau tuteur, je suppose). Des séances supplémentaires sont à prévoir, les trois premières ayant été bien plus productives. Mlle... doit écouter et surtout entendre ce que lui dicte son inconscient. Encore beaucoup trop de sentiments négatifs à son égard. Elle s'oblige à un comportement néfaste pour elle-même et se ferme à tout contact avec la réalité de son vécu. Elle est beaucoup trop hésitante quant aux termes qu'elle emploie, et si les séances à mon cabinet commençaient à être prolifiques, la longue interruption dans le traitement la contraint à repartir sur de nouvelles bases et à surmonter son "échec". Sa motivation, seule, ne suffira pas à lui faire prendre la voie de la guérison.
    Mlle... a beaucoup de mal à s'exprimer ouvertement. Elle dépense trop d'énergie à camoufler la parole, ne se laisse pas guider au sein de la séance mais prend le contrôle par l'intermédiaire de son questionnement intérieur. Ce jeu de questions/réponses est à proscrire absolument pour que ces séances soient fécondes et lui apportent un quelconque élément de réponse.


  • Commentaires

    1
    Lundi 7 Août 2006 à 18:12
    Je t'attends...
    Dans la conclusion, il est dit que ta motivation seule ne suffira pas, je souhaite te dire, que je veux être tout aussi motivée pour toi, pour t'aider. Je veux te faire découvrir ce qu'il y'a au bout du tunnel. Je veux te montrer qu'il y a un monde fleuri aussi ! Je t'attends Flo, mais je ne vais pas faire "qu'attendre" à rester planter là, non "je t'appelle" aussi ! Je ne peux faire plus malheuresement, mais je t'appelle... Tu vas y'arriver Flo (j'ai envie de dire ma chérie, mais ce ne serait peut être pas bien correct).
    2
    Lundi 7 Août 2006 à 18:41
    Je vois bien que
    tu es très motivée pour moi. Mais tu sais, après tout ça, tu comprendras que j'ai un énorme problème de confiance, non seulement en moi mais en les autres aussi et beaucoup de difficultés à me livrer... Pour l'instant, j'y arrive, avec une personne... Il faut juste me laisser du temps
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