• Hypnose 3


    - Etes-vous dans leur chambre ou dans la votre?
    - Une chambre d'amis, toujours la même
    - Sont-ils auprès de vous? Que font-ils?
    - Ils sont là. J'ai les mains attachées pour ne pas bouger, ils n'arrêtent pas de me caresser partout et de m'embrasser, ils me forcent à les toucher. Elle dit que ça va durer encore plus longtemps si je ne me laisse pas faire. Je ne sais pas ce qu'ils font de moi mais j'ai tellement honte de voir tout ça, de leur permettre de faire tout ça.
    - De faire quoi? Décrivez ce que vous faites.
    - Je suis allongée sur le dos, elle me tient la tête pour essayer de mettre sa langue dans ma bouche. Lui est couché sur moi, il essaie de mettre son sexe dans le mien mais je suis bien trop petite. Il n'y arrive pas et ça l'énerve beaucoup
    - C'est parce que vous étiez encore vierge
    - Il est très énervé alors ils me punissent. Je ne comprends pas pourquoi cette punition mais je n'arrive pas à leur en vouloir. J'ai du la mériter quand même parce que ce sont eux les adultes et ce sont eux qui ont forcément raison. Ils me montrent l'exemple, ont le pouvoir, je dois les respecter et leur obéir. Alors je fais ce qu'ils me demandent et accepte la punition
    - En quoi consiste cette punition?
    - Elle a trouvé une solution pour qu'ils aillent encore plus loin avec moi et avec leurs amis. Elle dit que ça me fera du bien d'être initiée et que ça leur fera plaisir à eux. Elle a mis sa main entière à l'intérieur de moi et a arraché quelque chose avec ses doigts. J'ai beau hurler, ça commence à saigner beaucoup, elle rit comme une folle en appelant C. pour qu'il essaie à nouveau de mettre son sexe. Après, j'ai un peu moins mal ou je m'habitue à cette douleur. Puis F. arrive, il s'assoit brutalement sur moi en se laissant tomber de toute sa hauteur. J'ai senti quelque chose qui craquait dans mon dos, comme un os broyé
    - A l'endroit que vous touchez?
    - Exactement là
    - Ce sont des vertèbres qui ont été écrasées? Avez-vous été blessée ailleurs?
    - Ils m'ont fracturé le sternum et déboîté le diaphragme. Ils disent que ça m'empêchera de vomir trop souvent parce qu'ils trouvent ça dégoûtant. Ca marche mais les rares fois où je vomis encore j'ai horriblement mal parce que le diaphragme ne se soulève que d'un côté.
    - Avez-vous eu des infections urinaires, des mycoses?
    - Oui, et elle se fait une joie de m'étaler de la crème avec sa main, ça lui plait de me tripoter et elle s'en fiche pas mal de savoir ce que moi je peux ressentir dans ces moments-là, elle s'en fiche de savoir si j'ai mal, pourquoi je pleure, pourquoi je me sens si sale et honteuse
    - De quoi avez-vous honte?
    - De moi, de voir tous ces hommes et toutes ces femmes nues, et moi au milieu d'eux. Je me dis que ça ne s'arrêtera jamais, que tout le monde me fuit et m'abandonne parce que je suis vraiment trop dégoûtante. Ils m'en demandent toujours plus, invitent toujours plus de gens pour me voir
    - Vous ne vous êtes jamais opposée à ces gens? Vous ne vous êtes jamais défendue?
    - Ils m'attachent les mains entre elles ou au côté du lit. Mais j'ai arraché la corde quand ils sont partis faire des courses. La porte est fermée à clé alors je prends les ciseaux sur la petite table et je m'en sers pour m'ouvrir les veines des poignets. Le premier saigne beaucoup. J'ai peur et mal mais je continue encore plus profond sur l'autre bras. J'ai envie d'avoir mal mais c'est trop quand même et je tombe en arrière. Je ne sens plus rien. Où êtes-vous?
    - Je suis là, tout près de vous. Détendez-vous et poursuivez calmement
    - J'entends la voix de tata, elle est infirmière, alors c'est elle qui me recoud le poignet avec de petits fils noirs. Tante S. crie, elle lui demande d'appeler un médecin ou de me laisser à l'hôpital. Elles se mettent à hurler toutes les deux et à se frapper le visage. Il n'y aura ni médecin ni hôpital, rien ne doit se savoir en dehors de la maison. Il faut me garder rien que pour eux, il faut me laisser enfermée là, il ne faut pas parler ou bien elle appuie sur la blessure pour la faire saigner


    CONCLUSION : à ce stade, la douleur et la déception ont suscité chez cette patiente des sentiments de peur et de culpabilité. Après les expériences répétées, sa confiance est devenue méfiance. Insécurisée, elle souffre beaucoup de ces sentiments inconscients de culpabilité.
    Du fait de sa dépendance, consécutive à sa faiblesse d'enfant, elle n'a pu identifier et comprendre les motivations des actes des adultes. Par suite de cette dépendance, elle a été obligée de refouler et d'oublier les mauvais traitements qu'elle a subis, sa faiblesse ne lui permettant pas une autoprotection adaptée.
    Habituée aux souffrances et prête au renoncement, elle a inconsciemment enregistré dans son système la colère, la rage, le désespoir, les sentiments de culpabilité, de peur et de haine qu'a éveillé en elle l'assouvissement raté et douloureux de ses besoins d'affection, d'aide et d'apaisement, comme un échec de "sa" faculté d'adaptation.
    C'est ainsi qu'elle reste, des années après ce traumatisme, tendue, toujours crispée en son for intérieur et sur la défensive.
    Elle devra, aujourd'hui, s'attacher à abolir sa compulsion à se taire, à ne pas penser, à ne pas ressentir et à ne pas éprouver. Pour cela, elle devra être capable de décider librement de ce qu'elle veut, d'accepter ses émotions et ses sensations et de vivre sans être contrainte d'agir sous l'emprise de la crainte. Elle ne devra plus s'obliger à obéir, à aimer, à servir, à s'infliger des privations, à souffrir, à désespérer, à se résigner et à se soumettre.

  • Commentaires

    1
    Lundi 18 Septembre 2006 à 17:53
    pareil
    ici pas de commentaire...j'arrive plus à penser correctement...tout devient confus...mes émotions se mêlent aux tiennes
    2
    Lundi 18 Septembre 2006 à 17:59
    Quelques fois
    il faut laisser parler ses émotions, ça fait du bien de dire ce qu'on a sur le coeur, crois-moi :))
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