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    Toujours le même acharnement frénétique à vouloir faire les courses, remplir le réfrigérateur, le congélateur, les placards, les étagères. Me remplir. Et puis, ensuite, cette manie de lire et relire les dates limites de conservation, chaque jour, comme obsédée par ces petits chiffres noirs qui me ramènent inlassablement à la réalité.


    Sans doute pour me donner bonne conscience, faire comme tout le monde, rentrer dans le moule de ceux qui arpentent les supermarchés, s'approvisionner pour rester dans la norme, pour s'apprivoiser.
    Enorme. Et pourtant je me sens vide, seule, sale et vide, je suis vide, vide de sentiments, vide d'affection, vide d'attentions, vide de vie.


    Les viols c'est ça, ça vous vide les entrailles à l'intérieur et il ne vous reste plus que cette enveloppe flétrie, fatiguée et usée que personne ne regarde, dont personne ne veut et dont personne ne se soucie. Une immondice livrée aux coups de pieds de l'indifférence, écrasée par les talons de l'insouciance, un lambeau dégénéré. je ne suis rien.



    Ce manteau d'ordures me dégoûte, me répugne et me fait honte, j'ai honte de moi...


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  •    JC - Music box (Philip Glass)



    J'avais un enfant d'eux dans mon ventre, un enfant pas sage et pas beau, un enfant déformé par la honte, la peur et la cruauté, un enfant du vice et de la colère, petit être de misère.

    J'avais un enfant d'eux en moi, j'avais 14 ans, je l'ai tué, seule, abominablement, cruellement, sans remord, rivière rougie de ses entrailles et des miennes mêlées. Unis dans la même souffrance, mon cœur déchiré, écartelé, son corps tiraillé, arraché, trituré, puis laissé là, abandonné, dans la poussière et les débris de ma raison.

    Aujourd'hui il me manque énormément, j'aurais aimé le connaître, lui apprendre un peu de moi, lui parler un peu de lui. Il était le seul enfant qui ne poussera jamais en moi, petite fleur d'espoir et de réconfort, mauvaise mère qui lui a fermé les portes de la vie, qui ne lui a donné aucune chance de grandir, d'être aimé, protégé.

    Si seulement tu pouvais être auprès de moi en ce moment, si seulement je m'étais permis de t'aimer au lieu de te détruire. Chaque jour, je pense à toi et à ce que tu aurais pu devenir, j'imagine nos joies, nos peines, nos partages, nos « je t'aime », mais chaque nuit, je revois ce moment où ta vie bascule à cause de mon égoïsme. J'ai tué un ange.

    Je regrette... pardonne-moi...


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  • Il était une enfance dont je rêve encore, trop fort. Une enfance bercée de joies et de douceurs, de jeux et de bonheurs. Une enfance vierge de tout mal, petite fille rose, innocente et pure, petit ange frêle et ingénue. Une enfance sans peur et sans froideur, nourrie d'insouciance et de candeur.

    Parfums d'antan, de violettes et d'ambre, de pois de senteur et de chansonnettes.

    Il était une enfance qui hante mes cauchemars, trop tard. Une enfance bercée de tristesse et de pleurs, de récréations dans l'horreur. Une enfance souillée, pleine de bruits et de cris, petite fille brisée, fautive et honteuse, ange torturé de vices et de corruptions. Une enfance terrorisée, malmenée, nourrie de blessures et de pourritures.

    Parfums d'antan, de roses fades et sans odeur, de fleurs fanées et de vacarmes.

    Il était une femme-enfant que je ne reconnais pas, pourtant revenue de là. Une femme bercée de souffrances et de mal-être, de murmures et de peut-être. Une femme douce et sage, petite bout de femme brune, généreuse et silencieuse. Une femme-enfant qui n'a pas grandi, qui ne veut pas grandir, délicate et sensible, nourrie de songes et de chimères.

    Parfums d'antan,  ma vie n'a plus de saveur, mais la moindre fleur me rappelle à vous.


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  •   Evanescence - My immortal


    Vouloir mettre fin à ses jours une bonne vingtaine de fois, en avalant des cachets roses, en jouant avec des lames et des ciseaux, en roulant trop vite et en fermant les yeux, en utilisant un fusil de chasse, un révolver... Se détruire pour se punir, notamment par l'automutilation et l'anorexie...

    Et puis, apprendre tout récemment que, de toute façon, l'on va mourir dans cinq ans, parce qu'un mal nous ronge et nous grignote petit à petit et, bizarrement, être terrorisée de le savoir... Comment repousser l'échéance ? Que faire de ces cinq années ?

    Pourquoi appeler la mort en silence pour la chasser lorsqu'elle se présente enfin pour briser vos ailes et se repaître de votre solitude ? Pourquoi chercher une solution pour vivre alors que l'on tentait juste de se maintenir en survie, dans un équilibre précaire ?



    On ne récolte que ce que l'on sème, j'ai semé l'anorexie, j'ai récolté le cancer...



    J'ai peur de mourir


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  • Comme un ultime apitoiement...

    A quelques jours des fêtes de fin d'année, je me souviens de Noëls durant lesquels certains enfants ouvraient leurs cadeaux alors que moi je jouais le rôle du cadeau pour une vingtaine de pervers... Comment apprécier aujourd'hui toute la magie de Noël ?

    Dernière tentative pour dire l'indicible (ou plutôt pour écrire ce que j'ai besoin de DIRE...

    Trauma 1 : J'ai été VIOLEE, manipulée sexuellement, par des hommes et des femmes, des couples pervers, pédophiles et incestueux. Les faits sont là, les détails sont ici, gravés au fond de moi. La mémoire ne me fait pas défaut (hélas !), les mots pour l'écrire et surtout le dire, si...

    Trauma 2 : J'ai été séquestrée, enfermée la journée dans cette « chambre » sordide et sortie le soir, comme une poupée qu'on trimballe de maisons en appartements, de salons en salles de bains, montrée, exhibée comme un animal de foire...

    Trauma 3 : J'ai été torturée, frappée, attachée, bâillonnée, des jours entiers, sans boire ni manger, ni même être lavée de toutes leurs souillures et de mon sang...

    Trauma 4 : Cette liste est déjà trop longue... J'en ai déjà trop dit, pas assez à mon goût mais je ne sais pas faire mieux pour le moment. Je n'arrive plus à rien écrire. Si quelqu'un veut se charger d'écrire le reste pour moi, merci... Moi, je parle pour ne rien dire, je ne fais que tourner en rond, je pleure en silence et j'écris comme un fantôme...


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