• Dans ma tête je suis trop seule
    Mon cœur est recouvert d'un linceul
    Qu'ils ont déposé par mégarde
    Pour ne plus que je me regarde

    Même mes yeux restent rivés
    A ce que j'ai laissé de côté
    Pour parvenir tant bien que mal
    A délivrer mon cœur de l'infernal

    Moi je ne jouais pas un rôle
    J'étais sincère, émouvante ou drôle
    Tour à tour petite, enfant, rêveuse
    Avec eux j'étais bien, j'étais heureuse

    Mais s'ils ont préféré se rire de moi de la sorte
    Il est évident qu'il vaut mieux que je sorte
    De leur vie, de leur sourire, de leur cœur
    Tant pis pour moi, j'ai l'habitude de mes pleurs


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  • Dans moins de deux jours, éviter leurs regards, ne pas entendre leurs voix, tenter d'échapper à leur puissance, leur emprise, déjouer leurs pièges, ne pas rester prisonnière de leurs filets de mensonges, sortir du silence, accuser, montrer du doigt, vomir, cracher, maudire...

    Contempler sa vie gâchée sans pouvoir rien y faire, pathétique spectacle de vivre à côté de son existence...

    Auto-destruction, le compte a rebours est lancé, pleurer, paniquer, torturer le corps, le coeur et l'esprit, faire couler un peu de sang pour l'oubli, pour le pardon, pour l'illusion, avoir besoin de souffrir pour exorciser les douleurs et la honte, vouloir mourir pour refermer les plaies...


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  • Christina Aguilera - Hurt






    Le cœur se serre, les larmes coulent en silence, le corps tremble de froid, de peur, de honte, les lèvres se glacent, la peau blêmit, la tête fourmille de questions, de culpabilités, de remords, le ventre se gonfle de spasmes, le sang coule sur les jambes, envie de hurler, envie de courir, envie de vomir cette bile infecte qui reste pourtant au fond de la gorge, envie de s'enfuir, de se débattre, de se défendre, envie de repousser les adultes jusqu'à leur case de départ, envie de les maudire, de les briser...


    Des viols... Ce sont des cicatrices qui ne s'effacent jamais, ce sont des personnes qui volent votre âme d'enfant pour en faire un tas d'immondices, qui la piétinent avec délice, ce sont des mains qui vous fouillent jusqu'au sang, des caresses brûlantes de dégoût, des baisers forcés, des bouches avides et froides, des langues chaudes et amères, des mains moites qui pénètrent votre intimité, des corps suintant de plaisir qui se vautrent sur vous, qui pèsent lourd quand on a que six ans, des cheveux puants qui vous collent aux joues, des sexes horribles et dressés qui vous déchirent à l'intérieur du ventre, des yeux pervers et exorbités qui se posent sur vous, qui vous dévisagent et vous dévorent, des nez qui vous respirent, des jambes velues qui vous enserrent, des bras puissants qui vous plaquent au sol, la nuque contre le carrelage humide...


    L'enfance est perdue, l'adolescence écartelée, l'adulte reste brisée, traumatisée, à jamais... Seule en son monde noir et éphémère...


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  • Ton visage me hante et me tourmente. Je te revois si belle et pourtant si dure, un visage de fiel et de glace, une torpeur inconnue qui m'enveloppait de mille feux brûlants de haine et de désaccords. Malentendus.

    Tes marques sont prises, sur ma peau elles demeurent, sur mes cheveux tes caresses exigeantes sont comme des lames aiguisées qui me cisaillent et me fouillent jusque dans les moindres recoins. Ne laisser aucun méandre inexploré, aucune parcelle de virginité, aucune once d'innocence.

    Immonde femme aux doigts fragiles, au teint blême, tu me poursuis sans répit, sans relâche, je te suis soumise et docile. Petit agneau qui réclame des caresses ne reçoit que des coups et des larmes. Poupée chiffon emprisonnée dans un corps qui n'est plus le sien, dans des sorts qu'elle ne partage pas.


    Poupée chiffon devenue torchon sale et visqueux, abusée, désabusée et jetée au panier, comme un linge sali, maculé de vomissures. . .


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  • Je suis juste restée une enfant. Et je veux pas grandir. Je veux encore avoir 6 ans. Je veux juste avoir 6 ans.

    Pour elle. Pour qu'elle m'aime encore. Pour qu'elle m'aime comme il le faudrait, comme elle aurait du le faire, avant. Avant de commencer ses jeux avec moi. Avant de satisfaire ses envies, ses pulsions. Envers moi. A l'envers de moi. A l'envers de l'enfance et du bon sens.

    C'est parti dans tous les sens, justement...

    Je suis restée, elle est partie. Elle m'a laissée, elle m'a perdue. Elle m'a abandonnée, là, sur le lit, sale et défait. Je ne me reconnais plus. Sur ce lit bien trop grand pour moi, bien trop vide. Mes mains ne sont plus attachées. Mais mes lèvres, si, toujours. Cousues entre elles... Pas un murmure. Pas un souffle. Rien que le vide de cette pièce.

    Mais, derrière le rideau, je la retrouve, cachée, muette elle aussi, comme moi. Elle n'a pas bougé de sa « chambre » à elle. Elle est restée là. Elle a tout vu, elle n'a rien dit. Elle a tout entendu, elle n'a rien pu empêcher. Et, maintenant, je la serre contre moi, je lui parle, à elle. Je lui montre mes plaies, mes maux, mes pleurs, étouffées dans ses cheveux blonds. Elle est restée là, elle a encore tous ses vêtement, elle. Elle a toujours sont joli sourire rose, ses petites tresses bien lissées, ses yeux ouvert sur l'enfance.

    Face à elle, je recule, je régresse. Je me trouve laide, dégoûtante et je m'en veux. Cette petite poupée que je cachais là, derrière le rideau, est aujourd'hui face à moi. Elle restera mon seul témoin. Je suis sa voix. Elle est mes yeux...


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