• Ne rien faire pour être sûre de rien défaire
    Ne rien croire pour être sûre de ne pas décevoir

    La solitude comme le repos de l'âme, la solitude comme un suicide infâme. Femme. Femme de personne, dépersonnifiée, dépossédée, trouvant en elle l'asile de son propre chagrin. Des lendemains sans refrain, sans matins. Des non-lendemains. Landes désertes. Landes de pertes. Landes désuètes.

    Un non-sens en abstinence qui fait perdre la tête. Déboussolée. Perdu le fil de mes pensées. Et pourtant le temps ne manque pas. Ce temps de la réflexion qui m'est offert, ce temps de la désertion que je conquiers. Imprudemment, impatiemment. Dévorant chaque seconde indépendamment de celle qui va suivre, de celle qui va survivre. Me faire vivre. En catimini, en deçà de moi-même, au-delà de mes rêves.

    Tout défaire pour être sûre d'aimer refaire
    Tout déconstruire pour un nouvel avenir
    Et m'enfuir vers mon seul repère à présent
    En adieu au passé en adieu aux tourments


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  • Quelque part dans le temps, il était un jardin caché, un jardin clos, noir comme l'enfer. Le jardin des délices, le jardin des supplices, le jardin des suppliques. Avec sa lourde grille, ses couloirs d'anonymat, ses recoins de mystères. Un jardin oublié dont le nom importe peu mais qui recelle encore les cris des enfants infestés et les rires gras des pervers assexués. Pas le jardin d'Eden, pas le jardin des songes, c'est le jardin des haines, le jardin des mensonges. Sa porte s'est refermée, emmurant les secrets, sa porte s'est déformée, entraînant les abcès.

    Quelque part dans le temps, voici que naît un jardin secret, un jardin tout gai. Les fleurs et les herbes folles ont remplacé les draps salis, les allées de graviers ont détrôné les lits froissés. Cache-cache dans mon jardin secret, ne me dis pas qui tu es. Main dans la main, courons vite, au détour des chemins d'abandon, nous réfugier au creux de notre histoire, à l'abri des regards. Un jardin magnifique, un jardin féerique où règne tant d'amour, qu'un pas de trop pourrait, que des yeux vicieux sauraient, piétiner sauvagement jusqu'au dernier pétale, cet écrin de verdure où dansent deux ombres pâles.


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  • J'essaie de faire le plein. Le plein de monde autour de moi. Je vais au centre commercial. Je regarde les gens au travers des rayons. J'imagine leurs vies. Je vois leurs sourires. Je devine leurs familles. Je surprends leurs conversations. J'écoute leurs opinions. Je me cache en épieuse. Je me dévoile en curieuse.

    J'apprends la vie des autres. Je me fabrique une vie faite de petits bouts en pioche. De petits rien pas si moches, en somme. Je me régale de la vie des autres pour ne pas vivre seule. je me réjouis de leurs bonheurs, m'attriste de leurs peines. Je me languis à leur contact. J'attends mon heure, la mienne, en les regardant passer sans s'arrêter, en les imaginant de loin sans arrêt.

    Au centre commercial, tout est vivant, plein de couleur, tout est dedans, moi à l'extérieur. C'est ma procuration pour la vie. C'est mon alibi pour ne pas rentrer seule le soir. C'est ma survie au centre de leurs espoirs, à eux. Eux, les autres. Les alliés de mes quelques heures de foule grapillées.

    Alone. Alone avec un chat. Alone à chaque pas. Alone pour tout faire, pour tout défaire. Alone pour tout construire, tout détruire. Alone pour vivre...


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  • A s'éloigner d'une rive, on risque de perdre pied, de s'égarer, de s'emmurer. A déborder de son carcan de bois, la barque chavire et la vue de la rive s'étrique en s'éloignant de nos chants. Perdre pied pour ne plus revenir.
    On aime ce qui est beau, ce qui rend fort, ce qui tient chaud. On aime ce qui réconforte, ce qui nourrit, ce qui transporte. On aime et on ne se rend pas bien compte de la distance à parcourir pour aimer. La distance...

    Les rues qui défilent, les murs qui désabusent, les villes qui enserrent. Champ clos de la vision de l'amour dans le lointain.
    Pêle-mêle, les attributs des lunes se meurent en dérisoires petites incertitudes. La nausée languit. La chaussée blémit. Il est tard. Il est loin. Je ne sens plus rien. Plus rien d'autre que ce tumulte en ma tête. Ce chaos épileptique de routes disjonctées, ce quiproquo qui me rend aveugle et sourde au moindre murmure.
    Alors, je persiste. Je continue mon chemin vers l'amour lointain, l'amour hautain...


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  • Ma vie c'est celle qui s'écrit sur un post-it. Une vie toute simple, finalement. Une vie de merde sur un post-it jaune. Des petits caractères qui s'enchaînent et se croisent, ne laissant que peu de place à l'imagination, au rêve. De minuscules lettres qui emplissent le petit carré. De ridicules symboles du destin sans ambage, tous tordus, tous vilains.
    Un post-it étroit et pas droit. Un post-it blême plein de problèmes. Un post-it maigre et bien aigre...

    Ma vie est courte et ne s'inscrit pas sur un carré de verdure ondoyante.
    Ma vie tourne en rond et ne s'étire pas en soieries chatoyantes.

    Ma vie, c'est ce post-it noirci, gribouillé, raturé à froisser et à jeter.
    Ma vie, c'est ce post-it vierge à remplir d'amour et de bonheurs et à coller sur mon coeur.


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