• Mes paragraphes sont pétrifiés comme une épitaphe

    Mes mots ne résonnent plus de ce si merveilleux écho

    Mes caractères au goût amer, baignés des larmes de mes hivers

    Mes phrases, avec moi, ne sont pratiquement plus en phase

    Mes strophes ne riment plus qu'avec des apostrophes

    Mes vers demeurent à vide, sans dépasser les frontières

    Mes alinéas ne subsistent même plus au sillage de mes pas

    Mes griffonnages ne suffisent plus à remplir toutes mes pages

    Mes lettres attendent, discrètes et muettes, derrière tes fenêtres

    Mes expressions ne parviennent pas à se faire de raison

    Mes questions en suspend réclament mes points de suspension

    Mes messages, sages ou pas sages, ne sont plus qu'à mon image

    Mon écriture se fait rature au contact de ma divine littérature

    Ma prose en overdose reflète mon envie de fondre en osmose

    Mes dits, mes maux, mes mots-dits, maudissent mes non-dits


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  • Au grand âge de la vie
    Temps de rire et d'oubli
    Tant de pire et de cris
    Captivée
    Par l'arbre calciné du passé
    Capturée
    Par l'âcre mélodie surannée
    Je deviens vagabonde de moi-même
    Va-nu-pieds dans mon monde
    Sans sentir, au fond de moi
    Le gel ennivrer mes doigts
    Qui n'écrivent qu'en émois
    Mes saisons sont brûlées
    Ma raison s'est murée
    Ma maison c'est ton âme
    Que les autres condamnent
    Que les autres gouvernent
    En laissant porte close
    A l'amour si grandiose
    Qu'il lapide comme l'hiver
    Les pierres muettes d'hier


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  • Si au loin se dessine la promesse de la vie
    Si le loin me destine la prouesse de l'oubli
    Alors, sans hésitation, j'en franchirai le seuil
    Laissant derrière moi mes années de deuil

    Si l'azur me tend ses bras dénués de regrets
    Je partirai sans remords emportant mes secrets
    L'outre-ciel me verra sortir de mes sentiers
    Et lever les yeux comme une enfant subjuguée

    Je ne perdrai pas en route les objets, les repères
    Je ne vivrai plus de peurs, de noirceurs, de mystères
    Mon seul vêtement sera cousu de bel or
    Et ma valise ouverte telle la boîte de Pandore


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  • Vertige de l'esplanade
    Tout devient fade
    Parapluie de l'oubli
    Tout passe en gris
    Tout passant va
    Tout pas s'en va
    Tout passe sans vie
    Sans cri
    Sans lie
    Sans l'épaisse substance
    Sans plus de résistance
    Qu'un cadenas de moitié
    Ouvert pour prolonger
    Le vicieux plaisir
    De pouvoir l'ouvrir


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  • Pas de répit
    Pas de sursis
    L'écorchure fait des charpies
    La morsure dévoile le gris
    Et moi je fais des ratures
    Et des éclaboussures
    Sur ma peau de sciure
    Ma peau déçue
    Ma poésie hésite
    Ma prose éclose
    Je rame et je trame
    Quelle que soit la chose
    Quel que soit le drame
    Je rame en silence
    Dans mon vague à l'âme
    Qui n'est pas du slam
    Qui n'a pas de sens
    Mais qui apaise mon âme
    En effervescence


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