• Je récupère des miettes tel un pigeon effaré
    Des miettes perdues sur un oreiller
    Des miettes maintenues en suspension dans l'air
    Comme des ballons rouges
    Les mêmes que j'ai au bord des yeux
    Des ballons de foire qui ne durent qu'un temps
    Des ballons tous ronds, tout rebonds
    Des ballons couleur soleil qui, pourtant
    Attristent mon sommeil

    Je me nourris de ces miettes et ne les jette
    Je me gorge de leur substance
    D'un appétit vorace
    Je me rue sur leur essence
    Dans une folie tenace
    Je les serre dans ma main
    Qu'elles ne s'envolent au loin
    Elles pousseront derrière moi
    Poucet me sortira des bois
    Où ne fleurissent que des pleurs
    Sous les ballons de couleur


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  • Je deviens femme
    Je vire de drame
    Je sens mon corps se métamorphoser
    Grandir, revenir, ne plus me quitter
    Longuement et depuis peu
    Lentement et tellement mieux
    Il change, il bouge
    Je range le rouge
    Je garde le blanc
    Dans mon tiroir, mes vieux grimoires
    Dans mes placards tout mon cafard
    En apesanteur il est sans peur
    Quand moi je fais fi de ses douleurs
    Mon corps devient sain
    Dans l'œil des témoins
    Mon corps devient sauf
    Quand je l'apostrophe
    Asphyxie passagère
    Née de pluies et misères
    Je le sens vivre pourtant
    Je perçois son mouvement
    Je ne suis plus celle
    Vivant de ritournelles
    Je deviens pure, bien qu'immature
    Je deviens vie et j'en souris
    Je hais mon corps et ses rancœurs
    Mais j'aime ses nouvelles pâleurs
    Qui ne sont plus de sang
    Mais j'aime ses nouvelles couleurs
    Et ses nouveaux tourments

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  • ( A Sarah... )


    Ne pleurez pas si vous m'aimez,
    Je suis seulement passée dans la pièce à côté.

    Je suis moi, vous êtes vous.
    Ce que nous étions les uns pour les autres, nous le sommes toujours.

    Donnez moi le nom que vous m'avez toujours donné,
    Parlez moi comme vous l'avez toujours fait.
    N'employez pas un ton différent, ne prenez pas un air solennel et triste.

    Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
    Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi.
    Que mon nom soit prononcé comme il l'a toujours été,
    Sans emphase d'aucune sorte, sans une trace d'ombre.

    La vie signifie tout ce qu'elle a toujours signifié.
    Elle est ce qu'elle a toujours été. Le fil n'est pas coupé.
    Pourquoi serais-je hors de votre pensée
    simplement parce que je suis hors de votre vue ?
    Je vous attends. Je ne suis pas loin,
    Juste de l'autre côté du chemin.
    Vous voyez, tout est bien.

    Saint-Augustin

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  • Je file et me défile
    Me méfie et défie
    De fil en aiguille
    Petite fille s'enfuit

    Je tue et tournoie
    M'embue et me noie
    En tu ou en moi
    Petite fille s'ennuie

    J'ai peur et mon coeur
    Qui pleure mais demeure
    D'être seul se meurt
    Petite fille douceur




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