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ECRIRE EN SILENCE...

Les maux de l'inceste

Rêve qui crève | 11 mai 2007



Un regard. Des sons. Des rêves. La luminosité trop régulière, l'esprit trop vaste. Vasque emplie d'échos, de demie-teintes. Je vole. Un murmure emmure toutes les issues. Le réel asservi à l'imaginaire.

Un vague anéantissement lorsque les pas s'éloignent tandis que ceux du silence arrivent. Sourire masqué. Lèvres lissées et acérées comme des lames. Les pas s'estompent. L'espace se rétrécit. La main tremble. Le regard se fissure. Retour aux rêves sans image. La neige voletige si près du gouffre, au bord des larmes. Je te promets, je ne pleurerai pas.

Derrière la fenêtre, l'air tremble. Le rêve semble. Les pas dans le couloir. Tu t'en vas ? Tu m'en veux ? Univers clos de la tempête évanescente. Confinée. Mon corps s'entête à vouloir suivre la rigidité du mur. L'appui ne signifie pas que je suis. L'infirmière me parle. On m'emmène. Le corps accepte pour un moment, permet, se soumet.

Non, la petite fleur ne crèvera pas...

Publié par ecrirecesthurler à 10:23:48 dans Maux en prose | Commentaires (10) |

Jour sans sommeil | 10 mai 2007



Le réveil m'englue, m'enclume, me martèle la tête de son cliquetis. Et pourtant il ne fait pas jour. Sourd, le bruit qui bloque les mots, ébouriffe l'obscurité. Les parois de mes rêves se cognent à celles de mes phrases. Echos rebondissants de lieux en lieux, de liens en luttes, de souvenirs en parfois. Des blancs comme endroit où ma mémoire tarde à me retrouver.


Juste une fois. Que la douceur du sommeil me prenne sans rechigner. Que mes rêves ressemblent à des toiles d'araignées, sans battements, sans course dans les couloirs de ma mémoire. Je recherche le point de départ, de mon départ. La fissure ne s'est pas refermée. La cicatrice ne s'est pas arrêté de saigner. Mes pensées en flot, en flopée ne sont pas devenues souterraines. Refus de s'épancher.


Le vernis des années a séché, comme une croûte épaisse, durcie aux vents des corbeaux et des vautours terrés dans chaque cavité creusée par les mots. Volant comme d'innommables vestiges de mes carences. Poser des pierres pour bâtir une paroi sanitaire.


Les cognements parallèles du cœur vont s'arrêter. Retour vers. Le jour se lève. Le jour m'achève. Jour sans sommeil.

Publié par ecrirecesthurler à 09:44:06 dans Maux en prose | Commentaires (5) |

Maux émaillés | 09 mai 2007



Les mots sont émaillés, marbrés sur du papier glacé. Les lettres sont comme les couleurs des ailes des papillons. Si on pose le doigt dessus, elles s'effacent éphémères et ne reste plus que la trace de leur vécu. Les lignes sont telles des lames de rasoirs, ouvrant les veines, les artères centrales, les voies limpides, voile impudique. Vois l'impudique qui dépose les maux que je n'ose découvrir. Les mots mort-nés à qui j'insufflerai ce qu'il faut de larmes et de malheurs pour les ramener à la vie



J'aimerais tellement que les mots coulent en gel, en givre, en jérémiades. Je ne sais dire la mélancolie qui hante ma plume insomniaque. Insomnies comme une claque qui agitent la nuit de ses flaques. Je ne sais voir la lueur que je recherche désespérément parmi les miroirs mortifères, mortes enfers de mes tiroirs.


Il me fa
udrait tout oublier, écorcher les mots, les faire saigner, les faire gémir, les faire souffrir à ma place. Fleurs de soufre putrides et délétères. Fausse enfant sordide et solitaire. Mais les maux sont murmurés, murés dans une camisole qui m'isole et me condamne. Mots damnés qui effraient les mots à dire et à maudire. Les mots se marrent dans le labyrinthe de mon intérieur. Les mots se déchirent sur ma page vierge, sans souillures, sans ratures, pure et prude. L'horizon se marre dans la rouille de mon regard. Moi, je me perds dans l'encre séche qui rougit les paumes de mes mains.

Publié par ecrirecesthurler à 10:15:17 dans Maux en prose | Commentaires (6) |

Dedans moi ça cogne | 07 mai 2007



La ruelle est sombre
N'y vit plus personne
Je poursuis mon ombre
Lorsque minuit sonne
J'avance mais je tombe
Comme une feuille d'automne
Parmi les décombres
Silence monotone
Du passé immonde

Dedans moi ça cogne
Particules en nombre
Une maladie grogne
Aspirant mes ondes
Et je reste morne
Mon âme vagabonde
Je n'ai plus la force
Mon corps y succombe...

Publié par ecrirecesthurler à 16:48:51 dans Maux en vers | Commentaires (11) |

A la dérive | 04 mai 2007



Sombre envie de fuir
D'écrire pour survivre
Le cœur entre deux rives
Dérive du mal de vivre
Toujours en équilibre
Sur le fil provisoire
Tissé comme par hasard
Dans un pays barbare
Où règne le désespoir

J'ai voulu faire naufrage
Balancer mon ancrage
M'échapper sous l'orage
Peine perdue sans bagage
J'ai voulu accoster
Sur une rive embourbée
Les flots m'ont rattrapée
Et je me suis noyée
Dans un monde sans pitié

Publié par ecrirecesthurler à 10:04:58 dans Maux en vers | Commentaires (18) |

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