Toujours le même acharnement frénétique à vouloir faire les courses, remplir le réfrigérateur, le congélateur, les placards, les étagères. Me remplir. Et puis, ensuite, cette manie de lire et relire les dates limites de conservation, chaque jour, comme obsédée par ces petits chiffres noirs qui me ramènent inlassablement à la réalité.
Sans doute pour me donner bonne conscience, faire comme tout le monde, rentrer dans le moule de ceux qui arpentent les supermarchés, s'approvisionner pour rester dans la norme, pour s'apprivoiser.
Enorme. Et pourtant je me sens vide, seule, sale et vide, je suis vide, vide de sentiments, vide d'affection, vide d'attentions, vide de vie.
Les viols c'est ça, ça vous vide les entrailles à l'intérieur et il ne vous reste plus que cette enveloppe flétrie, fatiguée et usée que personne ne regarde, dont personne ne veut et dont personne ne se soucie. Une immondice livrée aux coups de pieds de l'indifférence, écrasée par les talons de l'insouciance, un lambeau dégénéré. je ne suis rien.
Ce manteau d'ordures me dégoûte, me répugne et me fait honte, j'ai honte de moi...
Publié par ecrirecesthurler à 14:07:20 dans Inceste / Viols | Commentaires (19) | Permaliens
Dans un mois, cela fera un an que j'ai commencé à écrire sur mon blog, un an que j'essaie de parler de moi tant bien que mal... C'est difficile mais pourtant c'est, je crois, le meilleur choix que je n'ai jamais fait.
Le 19 mai 2006, j'étais à l'hôpital, avec 15 kg de moins, avec des cicatrices très profondes sur les deux poignets, avec des bleus plein le cœur et cette envie si tenace de ne plus vivre, pour oublier...
Une psychologue m'a demandé d'écrire ce que je ressentais puisque je ne parvenais pas en parler ni avec elle, ni avec personne d'ailleurs. Elle m'a prêté un ordinateur portable et m'a dit que les blogs étaient à la mode, que je devrais essayer, que ça me ferait beaucoup de bien, que je pourrais me dévoiler, me confier, me délester de ce sinistre passé.
BLOG, juste 4 lettres pour offrir, sans restriction, ce journal à tous les regards...
Ca me fait trop de mal de rester dans mon silence, d'ECRIRE EN SILENCE...
J'aime écrire, j'aime lire, j'aime parler.
J'aime vous écrire, j'aime vous lire, j'aime vous parler.
C'est comme une thérapie qui m'a aidée plus que tout durant cette année, c'est comme une lumière allumée au bout de ce tunnel si long et si sombre, c'est comme un rayon de soleil dissipant les nuages.
Le mutisme dans lequel je m'étais murée faisait de moi une morte-vivante, j'appartenais au passé, aux fantômes, à la nuit, à la mort, comme endormie au pays des horreurs.
En parvenant à écrire sur moi ici, en parlant de moi avec une personne qui m'a toujours incitée à continuer, parce que, selon elle, cela me fait du bien, je me suis libérée, confiée, j'ai ouvert mon coeur, mes ailes, et j'avais retrouvé le goût de la vie...
Ca me manque de ne plus savoir écrire comme avant, de n'avoir plus de fil pour me guider, plus d'avis pour avancer, et de n'avoir personne à qui parler réellement...
Publié par ecrirecesthurler à 14:28:05 dans Espoirs | Commentaires (31) | Permaliens
Parce que j'ai trop de mal avec toi, sans toi mais surtout pour toi........
J'ai essayé de briser mon silence, je serai toujours là pour essayer de t'aider à sortir du tien, laisse-moi une chance......
Publié par ecrirecesthurler à 10:12:44 dans Souvenir :) | Commentaires (6) | Permaliens
A faire souffrir, à faire pleurer...
Il faudrait que j'apprenne à aimer, que j'arrête de me cogner la tête contre des murs...
A trop chercher l'amour, à vouloir aimer, être aimée, on finit par se faire mal en se heurtant à l'absence, à l'indifférence, on finit par se demander pourquoi cette quête fait partie de notre raison de vivre, on finit par regretter d'avoir échangé sa confiance contre des promesses et des mensonges...
Il faudrait que j'apprenne à me méfier de mes sentiments, à être moins naïve face aux mauvaises intentions des autres...
Il faudrait SURTOUT que j'apprenne à grandir pour ne plus m'attacher à des personnes pour qui je ne représente rien...
Publié par ecrirecesthurler à 09:44:06 dans Maux en prose | Commentaires (12) | Permaliens
Puisqu'enfant, tout a commencé de travers, puisque l'on m'a appris la vie à l'envers, aujourd'hui je me pose beaucoup trop de questions, je remets tout en cause, y compris moi-même, y compris des valeurs telles que la confiance, la compréhension, l'attention, l'amitié et l'amour.
Des valeurs dont j'ai cherché, seule, la signification et l'enseignement, des valeurs auxquelles je crois fermement mais qui n'existent peut-être plus. Tout n'est que profits, bassesses et désillusions, les relations humaines me déçoivent énormément...
Ou bien j'ai le cœur trop sensible et je dois m'attacher à l'endurcir encore plus, ou bien je vis trop de rêves, d'espoirs et de promesses qui ne se réaliseront jamais, ou bien je devrais me renfermer un peu plus et me couper de ce monde égoïste...
Je suis bien trop naïve, une hirondelle blessée qui se prend les ailes dans le moindre filet, la vie n'est plus un conte de fée, pour personne, elle n'est faite que de batailles, de guerres et de pertes, les autres ne s'intéressent à vous que si vous leur apportez quelque chose en échange, l'indifférence règne, la générosité se perd dans l'horizontalité recherchée dans les rapports...
Publié par ecrirecesthurler à 10:53:20 dans Maux en prose | Commentaires (16) | Permaliens
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