
Sur le quai d'une gare, en partance pour le grand nulle part, prendre le train en marche, marcher vers un destin fragile et insaisissable, les yeux toujours rivés sur le compteur, le cœur qui bat à 100 à l'heure, voir les aiguilles défiler, imprimer un mouvement inutile à une vie qui n'a plus de sens.
Une flèche en plein cœur, le cadran remplit la tête, la tête qui tourne et ne s'arrête, le temps qui jette un froid à l'instant où le train arrive, train-train quotidien, métro, boulot, dodo, pas de répit pour l'amour, pas de place pour les sanglots. Aimer plus, aimer trop, le sourire à l'envers comme un train qui déraille, les idées de travers, les passions en pagaille.
Vivre au jour le jour, sans penser à demain, emportés à grande vitesse, ne pas vouloir rester sur le quai, mais penser à avancer, dans la même direction que tous ces gens, dans la même raison que celle de son cœur en miette, ne pas se laisser engouffrer dans la faille des passions sans lendemains, ne pas troubler la fête.
Se laisser guider, se laisser glisser, le long des rails, en parallèle, livrer bataille à la vie qui ne vaut rien, balancer ses préjugés sous le train, mais conserver son corps intact, sauver son cœur, trésor en marge, tourner la page de ses erreurs, finir sa course contre le passé, arrêter de se cogner contre les pavés et ne plus saigner par amour.
Publié par ecrirecesthurler à 11:53:31 dans Maux en prose | Commentaires (14) | Permaliens
Trop de peines et de larmes contenues
Trop de mots déversés, égarés, perdus
Trop de sourires voilés, manqués, déçus
Trop de colères réfrénées, ravalées, vaincues
Trop d'espoirs, de soleils, de fleurs, attendus
Je ne trouve plus les mots pour dire ce que j'ai en moi, je ne trouve plus la force pour combattre le passé, je ne sais plus par où commencer ni comment terminer, j'ai perdu le fil de mon histoire, je me suis égarée parmi les ombres noires, plus rien ne sort, le froid me mord, le silence m'implore, le désordre dans ma tête, le chaos dans mon cœur, et ma vie sans couleur...
Mon ange, aide-moi s'il te plait
Aide-moi à écrire
Aide-moi à dire
Aide-moi à me souvenir
Aide-moi à oublier
Aide-moi à pleurer
Aide-moi à parler
Je sais que tu es là, jamais bien loin de moi, je sais que tu prends soin de tous mes besoins. Aide-moi, mon ange-gardien, comme tu l'as souvent fait, aide-moi encore à faire face, marche dans mes traces, suis-moi pour ne pas que je m'égare, trop loin dans la forêt des fantômes, ramène-moi dans la lumière, tu es la seule à savoir le faire, aide-moi, mon ange au coeur de pierre...
Publié par ecrirecesthurler à 14:30:21 dans Souvenir :) | Commentaires (19) | Permaliens

J'avais un enfant d'eux dans mon ventre, un enfant pas sage et pas beau, un enfant déformé par la honte, la peur et la cruauté, un enfant du vice et de la colère, petit être de misère.
J'avais un enfant d'eux en moi, j'avais 14 ans, je l'ai tué, seule, abominablement, cruellement, sans remord, rivière rougie de ses entrailles et des miennes mêlées. Unis dans la même souffrance, mon cœur déchiré, écartelé, son corps tiraillé, arraché, trituré, puis laissé là, abandonné, dans la poussière et les débris de ma raison.
Aujourd'hui il me manque énormément, j'aurais aimé le connaître, lui apprendre un peu de moi, lui parler un peu de lui. Il était le seul enfant qui ne poussera jamais en moi, petite fleur d'espoir et de réconfort, mauvaise mère qui lui a fermé les portes de la vie, qui ne lui a donné aucune chance de grandir, d'être aimé, protégé.
Si seulement tu pouvais être auprès de moi en ce moment, si seulement je m'étais permis de t'aimer au lieu de te détruire. Chaque jour, je pense à toi et à ce que tu aurais pu devenir, j'imagine nos joies, nos peines, nos partages, nos « je t'aime », mais chaque nuit, je revois ce moment où ta vie bascule à cause de mon égoïsme. J'ai tué un ange.
Je regrette... pardonne-moi...
Publié par ecrirecesthurler à 10:32:42 dans Inceste / Viols | Commentaires (22) | Permaliens

Si tu me parlais encore un peu de toi, ça fait longtemps que je te comprends, j'ai l'impression de te connaître depuis toujours, je te lis, je t'écoute, je te devine, parce qu'on se connaît, parce qu'on se ressemble.
Mais à quoi ça te sert de faire semblant ? Arrête un peu de faire le clown de temps en temps, laisse couler tes larmes, crie ton désespoir, ouvre-moi ton cœur et range ta pudeur. Les douleurs, à l'abri au fond d'un tiroir sont comme les couleurs qui dégoulinent sous ton masque. Tu reviens de ta nuit, de ton néant, avec des bleus au cœur et des tourments, tu crois pouvoir faire face, et ranger les fantômes à leur place. Tu crois pouvoir faire illusion, avec un sourire sur une cicatrice, avec des fleurs dans la tête et des rôles de séductrice...
Fais tomber ton masque puisque je t'en donne l'occasion et ne joue plus à te cacher. Tu n'en seras pas moins appréciée ni moins aimée. Ne cherche pas la perfection dans d'autres regards, accepte ton reflet dans le miroir, ne reste pas ce clown mélancolique qui affiche un sourire pathétique pour brouiller les pistes. Quitte tes songes pour une fois, redescends de tes étoiles petite femme-enfant qui ne grandit plus, libère-toi du mensonge, reviens dans la lumière, sur le devant de la scène, réveille-toi mais ne t'enfuis plus. Tu tournes en rond, tu avances à reculons, tu refuses d'être toi-même et tu laisses le givre couler dans tes veines, alors que j'ai senti leur chaleur, que j'ai su ouvrir ton livre et percer tes mystères...
Laisse fondre ce cœur de glace... Laisse-moi une chance, laisse-moi une place... Ecris-moi encore des histoires pleines de couleurs pour me faire rêver, raconte-moi encore l'histoire de ton cœur pour t'en libérer. Si on parlait un peu de toi... Pour de vrai... Sans masque, en face à face, les yeux dans les yeux, ouvre ton cœur, ouvre tes yeux et regarde-moi...
Publié par ecrirecesthurler à 10:12:55 dans Souvenir :) | Commentaires (29) | Permaliens
Publié par ecrirecesthurler à 11:08:43 dans Maux en vers | Commentaires (25) | Permaliens
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