Emprisonnée dans le passé, empêtrée dans ce cachot de l'incompréhension, la mémoire a des failles, des fêlures. Indicibles fissures que seul l'ange peut entendre.
A trop vouloir griffer les parois, les mains ensanglantées finissent par se casser comme du verre. Le sol est jonché de terre, funeste couche qui n'accueille plus personne. Les cafards me rongent de l'intérieur, témoins de l'irréversible gâchis.
Les barreaux de ma cellule m'enserrent la gorge, j'étouffe entre les murs étroits qui m'épient et me lancent leurs pierres lourdes de fracas. Ecrouée à leur place, je subis la démesure de leurs actes, enchaînée à leurs pieds, je me débats dans la fange de leurs vices. Mon ange, viens et sauve-moi de ma prison.
Publié par ecrirecesthurler à 10:11:42 dans Maux en prose | Commentaires (25) | Permaliens
Publié par ecrirecesthurler à 21:29:29 dans Souvenir :) | Commentaires (30) | Permaliens
Dans l'œil du photographe, regarder un sourire
Tout était joué d'avance, il suffisait de lire
Entre ses lignes amères, sa peine et sa colère
Son devenir perdu, ses espoirs éphémères
Devant son objectif, aucun mot n'est pareil
Les couleurs de la vie, la pâleur du soleil
Métamorphose des êtres, froissés comme du papier
Jeté dans un tiroir, permission de rêver
Juste pour un cliché, rester à l'imparfait
Se prendre en négatif, ne plus voir son reflet
C'est dans l'instantané, qu'elle en oublie ses doutes
Au détour d'un portrait, qui surgit sur sa route
Impression réussie, l'estampe est symbolique
Reproduction réelle, sans fard du numérique
Dans la banalité extrême, d'une image de douceur
Elle joue avec ses yeux, pour délivrer son cœur
Dans l'œil du photographe, deviner les désirs
Faire fi de son passé, vouloir aimer le pire
Développer l'incertain, dérober l'émotion
D'un rôle à la mesure, de nos désillusions
Publié par ecrirecesthurler à 10:07:27 dans Souvenir :) | Commentaires (20) | Permaliens
Comme un petit animal traqué qui ne sait plus dans quelle direction il doit aller, qui ne sait plus à qui il doit ouvrir son cœur, à qui il doit se raccrocher, à qui il peut se fier, par qui il peut se laisser apprivoiser, caresser, emporter.
Publié par ecrirecesthurler à 21:11:25 dans Maux en prose | Commentaires (7) | Permaliens
C'est au fruit du hasard
Que je suis seule le soir
Que j'ai ce sentiment bizarre
Ce coup de cafard, ce coup de poignard
Une blessure non exorcisée
Une armure pas cicatrisée
Il pèse lourd le poids de ce passé
Je ne parviens plus à m'en débarrasser
C'est comme un couteau planté dans ma chair
Qui ne me laisse aucun répit, aucune colère
Pourtant j'aimerais bien que tout soit clair
Telle une source chaude, un lac éphémère
C'est comme oublier de plier un mouchoir
Faire un nœud pour ne pas perdre espoir
Mais soudain la nuit envahit tout, le noir
Cette potion amère que je persiste à boire
Publié par ecrirecesthurler à 11:26:16 dans Maux en vers | Commentaires (20) | Permaliens
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