Je ne sais pas aimer, je demande trop, trop d'attention, trop d'affection, trop d'amour ou d'amitié.
Je sais pas parler de moi autrement qu'en vers ou en prose, incompréhensible pour qui ne sait pas lire entre mes lignes.
Je dérange tout le monde avec mes questions, mes doutes, mes peurs, mes peines. Trop sensible, c'est ridicule, je pleure tout le temps. Trop égoïste pour comprendre ou écouter, j'ai le cœur bien trop froid pour qu'on s'intéresse à moi, pour aimer réellement.
Je ne sais faire que du mal, détruire tout ce que j'aime, tout ceux que j'aime. Je n'ai jamais rien su construire de beau autour de moi, même pas une vraie famille à moi, je ne peux même pas avoir d'enfant, j'ai juste des rêves et des espoirs. Je ne sais bâtir que des barricades. Je ne sais pas aimer.
Saloperies de traumatismes et de manques. Ca ne sert à rien de s'approcher de moi. Je ne sers à rien. A rien d'autre qu'à faire du mal. Pardon.
Publié par ecrirecesthurler à 21:32:57 dans Maux en prose | Commentaires (6) | Permaliens
Pénètre mon sommeil, mets ta joue contre la mienne, chuchote-moi tout bas, pour ne pas que je fonde.
Publié par ecrirecesthurler à 10:10:13 dans Maux en prose | Commentaires (3) | Permaliens
Poupée lacérée, sans vie
Aux yeux emplis de terreur
Qui rêve jour et nuit
D'échapper à l'horreur
Ventre lacéré chaque jour
Encore et toujours
Son cri saignant l'amène
Dans la chambre des peines
Ventre caressé, oppressé
Durant toutes ces d'années
Raide comme une fleur sans tige
Blanche comme la neige qui se fige
Muette est sa haine
Gicle sa colère
Ses entrailles l'entraînent
Toujours vers hier
Publié par ecrirecesthurler à 10:19:19 dans Maux en vers | Commentaires (1) | Permaliens
Amis, quand vous m'aurez conduite au cimetière
N'entourez mon tombeau que d'objets souriants
De signes de regrets, de cyprès larmoyants
Gardez-vous d'attrister ma demeure dernière
Placez-y des lilas aux thyrses ondoyants
Que le zéphyr balance ainsi qu'une crinière
D'humbles fleurs émergeant de ces touffes de lierre
Qui rampe même l'hiver en tapis verdoyants
Que l'ombre y soit touffue et que l'herbe y gazonne
Que le pinson y chante et l'abeille y bourdonne
Qu'on entende les cris des oiseaux querelleurs
Loin des près odorants, loin des coteaux fertiles
J'ai vécu de longs jours, exilée dans les villes
Laissez-moi m'endormir au doux parfum des fleurs
Publié par ecrirecesthurler à 09:55:23 dans Maux en vers | Commentaires (5) | Permaliens
Quelques ares de paix dans la périphérie bruyante des villes, des rencontres inattendues avec l'éternité, mes larmes ont réchauffé le granit et le marbre, mes bras ont embrassé les froides roses et les fines bruyères, mes yeux ont croisé les regards endeuillés, mes bras ont enserré d'impalpables souvenirs, mais le rideau est tombé sur ce pathétique spectacle de la mort et de la vie qui se damnaient à se trouver drôles.
Ressentir des ailleurs, des ondes, des sensations, écouter la douceur du silence, long, à l'ombre des ifs et des herbes rares, deviner la présence de ces hommes et femmes de pierres derrière leurs miroirs.
Lire, comme dans un livre l'histoire de ces êtres déchus, oubliés, vagabonds de la postérité, être virtuels qui collent à la mémoire de ceux qui les ont aimé, anges asexués étreignant l'imaginaire.
Se cacher sous un voile dont les plis délicats laissent deviner les contours macabres, se laisser saisir par le désarroi des survivants figés dans la pierre, par leurs visages meurtris, ravagés, désemparés, que ni les pollutions, ni l'usure du temps ne parviennent à estomper, recouverts de mousses et de lichens.
Admirer la tendresse du regard et du sourire des anciens que la mort sépare, le désarroi d'un enfant arraché trop tôt qui, injustement, n'a pas eu sa chance.
Désordre végétal joyeux et libertaire, anarchie minérale, fouillis de pierres sans dieu ni maître, de pierres fendues, disloquées, désagrégées en petits morceaux, minéral retournant harmonieusement au minéral, tombeaux mangés par les herbes folles, noyés dans le lierre, où l'on aime à venir, rompre la solitude des morts.
Publié par ecrirecesthurler à 08:54:07 dans Maux en prose | Commentaires (5) | Permaliens
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