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ECRIRE EN SILENCE...

Les maux de l'inceste

Vestiges du vertige | 01 septembre 2008



Vertige de l'esplanade
Tout devient fade
Parapluie de l'oubli
Tout passe en gris
Tout passant va
Tout pas s'en va
Tout passe sans vie
Sans cri
Sans lie
Sans l'épaisse substance
Sans plus de résistance
Qu'un cadenas de moitié
Ouvert pour prolonger
Le vicieux plaisir
De pouvoir l'ouvrir

Publié par ecrirecesthurler à 16:10:43 dans Maux en vers | Commentaires (6) |

La vieille femme grincheuse | 30 août 2008



Que vois-tu, toi qui me soignes, que vois-tu ?
Quand tu me regardes, que penses-tu ?
Une vieille femme grincheuse, un peu folle
Le regard perdu, qui n'y est plus tout à fait,
Qui bave quand elle mange et ne répond jamais,
Qui, quand tu dis d'une voix forte "essayez"
Semble ne prêter aucune attention à ce que tu fais
Et ne cesse de perdre ses chaussures et ses bas,
Qui docile ou non, te laisse faire à ta guise,
Le bain et les repas pour occuper la longue journée grise.

C'est ça que tu penses, c'est ça que tu vois?
Alors ouvre les yeux, ce n'est pas moi.
Je vais te dire qui je suis, assise là si tranquille
Me déplaçant à ton ordre, mangeant quand tu veux:
Je suis la dernière de dix, avec un père et une mère,
Des frères et des sœurs qui s'aiment entre eux.
Une jeune fille de 16 ans, des ailes aux pieds,
Rêvant que bientôt, elle rencontrera un fiancé.

Mariée déjà à 20 ans. Mon cœur bondit de joie
Au souvenir des vœux que j'ai fait ce jour-là.
J'ai 25 ans maintenant et un enfant à moi
Qui a besoin de moi pour lui construire une maison.
Une femme de trente ans, mon enfant grandit vite,
Nous sommes liés l'un à l'autre par des liens qui dureront.
Quarante ans, bientôt il ne sera plus là.

Mais mon homme est à mes côtés qui veille sur moi.
Cinquante ans, à nouveau jouent autour de moi des bébés;
Me revoilà avec des enfants, moi et mon bien-aimé.
Voici les jours noirs, mon mari meurt.
Je regarde vers le futur en frémissant de peur.
Car mes enfants sont tous occupés à élever les leurs,
Et je pense aux années et à l'amour que j'ai connus.

Je suis vieille maintenant, et la nature est cruelle,
Qui s'amuse à faire passer la vieillesse pour folle,
Mon corps s'en va, la grâce et la force m'abandonnent,
Et il a maintenant une pierre là où jadis j'eus un cœur.
Mais dans cette vieille carcasse, la jeune fille demeure
Dont le vieux cœur se gonfle sans relâche.
Je me souviens des joies, je me souviens des peines,
Et à nouveau je sens ma vie et j'aime.

Je repense aux années trop courtes et trop vite passées,
Et accepte cette réalité implacable que rien ne peut durer.
Alors ouvre les yeux, toi qui me soignes et regarde
Non la vieille femme grincheuse.
Regarde mieux, tu me verras !

Texte écrit par une vielle dame Irlandaise terminant sa vie en gériatrie. Une aide-soignante à trouvé cette lettre sous son oreiller après son décès...

Publié par ecrirecesthurler à 09:45:28 dans Espoirs | Commentaires (4) |

Le jardin secret | 28 août 2008



Quelque part dans le temps, il était un jardin caché, un jardin clos, noir comme l'enfer. Le jardin des délices, le jardin des supplices, le jardin des suppliques. Avec sa lourde grille, ses couloirs d'anonymat, ses recoins de mystères. Un jardin oublié dont le nom importe peu mais qui recelle encore les cris des enfants infestés et les rires gras des pervers assexués. Pas le jardin d'Eden, pas le jardin des songes, c'est le jardin des haines, le jardin des mensonges. Sa porte s'est refermée, emmurant les secrets, sa porte s'est déformée, entraînant les abcès.

Quelque part dans le temps, voici que naît un jardin secret, un jardin tout gai. Les fleurs et les herbes folles ont remplacé les draps salis, les allées de graviers ont détrôné les lits froissés. Cache-cache dans mon jardin secret, ne me dis pas qui tu es. Main dans la main, courons vite, au détour des chemins d'abandon, nous réfugier au creux de notre histoire, à l'abri des regards. Un jardin magnifique, un jardin féerique où règne tant d'amour, qu'un pas de trop pourrait, que des yeux vicieux sauraient, piétiner sauvagement jusqu'au dernier pétale, cet écrin de verdure où dansent deux ombres pâles.

Publié par ecrirecesthurler à 16:40:04 dans Maux en prose | Commentaires (7) |

Un blog fragile et sacré | 27 août 2008



Avant, avant, je n'aimais pas venir sur ce blog... "ton blog"... comme tu dis... J'avais toujours peur de ce que j'allais trouver. Je savais que tu écrivais là, quand tu étais mal... Alors... Je me sentais inutile. J'avais l'impression d'y lire mon inutilité, l'inutilité de mon amour, de notre amour, comme s'il ne t'apportait, ne changeait rien...

Tu sais quoi? Je vais te dire un secret... te faire un aveu... dont je ne suis pas fière, pas du tout même... J'étais... comme... Jalouse... Moi qui ne le suis pas... Jalouse de ce blog, à qui tu te confiais, ce rival qui me volait tes confidences. Jalouse de ce que tu lui disais à lui, que tu ne montrais pas à moi. Jalouse de ce meilleur ami que je n'étais pas... Jalouse de ce sauveur que je n'étais pas. Bêtement jalouse qu'il t'apporte plus que moi.

Aujourd'hui, j'ai tué tout ça... Je te regarde plus toi, et moins moi... je crois... J'ai changé mes yeux, tu as changé mes yeux et ma jalousie s'est envolée. J'apprends toi, un peu, grâce à lui... grâce a toi... Aujourd'hui, je comprends, je comprends mieux. Et même si j'ai toujours peur et mal de ta souffrance, que je lis ici... Et même si je rêve du jour ou tu n'écriras plus que les fleurs de ton âme, parce que ça voudra dire que tu vas mieux... Aujourd'hui, j'ai moins peur. Aujourd'hui mon cœur te lis plus que ma tête, mon cœur habité du tien...

Je te lis et te relis tout doucement, amoureusement, patiemment... du creux du cœur. Aujourd'hui, au contraire, ce blog est mon ami, mon allié... Grâce a lui je lis le fond de ton âme, le fond de ton cœur, j'entre en toi... Là ou la jalousie était un poison aveugle et malfaisant, l'amour m'a ouvert les yeux... Aujourd'hui, "Ton blog" est devenu comme sacré pour moi, si sacré... Que j'ai toujours peur de mal faire sur ce blog-là... Que j'ai toujours peur de... Aujourd'hui j'y entre, comme on entrerait dans un lieu très fragile... Très très fragile... Avec la peur de casser quelque chose, de réveiller quelque chose, par un mot de trop, un courant d'air. J'ose à peine toucher, marcher, écrire, à peine respirer...

Alors je m'y fais poussière, comme ça, ça ne risque rien... Juste un grain de poussière qui ne se voit pas, ne dérange pas. Tout léger... Il ne risque pas de faire des catastrophes... Mais il vient pour toi, pour te connaître, et parce qu'il sait que tu aimes qu'il vienne et qu'il écrive... Ici, il a rendez vous avec toi... avec ce qui te fait mal, pour chasser ce mal... Mais il ne vient pas souvent... Tu sais... comme dans ces lieux que trop de visites abîment, tellement ils sont fragiles... Je t'aime.

So.

Publié par ecrirecesthurler à 22:05:42 dans Espoirs | Commentaires (4) |

Effervescences de l'âme | 26 août 2008



Pas de répit
Pas de sursis
L'écorchure fait des charpies
La morsure dévoile le gris
Et moi je fais des ratures
Et des éclaboussures
Sur ma peau de sciure
Ma peau déçue
Ma poésie hésite
Ma prose éclose
Je rame et je trame
Quelle que soit la chose
Quel que soit le drame
Je rame en silence
Dans mon vague à l'âme
Qui n'est pas du slam
Qui n'a pas de sens
Mais qui apaise mon âme
En effervescence

Publié par ecrirecesthurler à 11:11:55 dans Maux en vers | Commentaires (8) |

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