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ECRIRE EN SILENCE...

Les maux de l'inceste

Torture | 20 juin 2006

TORTURE DU CORPS... PUIS DU COEUR...

Torturez-moi
  Frappez-moi
   Tourmentez-moi
    Détestez-moi
     B
attez-moi
      Harcelez
-moi
       Faîtes-moi mal
        Oppressez-moi
         Corrompez-moi
          Blessez-moi
           Brisez-moi
            Souillez-moi
             Maltraitez-moi...

Publié par ecrirecesthurler à 23:09:30 dans Maux en prose | Commentaires (8) |

Lutter | 20 juin 2006

PARCE QUE JE SUIS FATIGUEE DE LUTTER...

Publié par ecrirecesthurler à 22:49:13 dans Maux en prose | Commentaires (7) |

Les mots | 20 juin 2006

PARCE QUE LES MOTS FONT MAL... MEME ECRITS

Publié par ecrirecesthurler à 22:42:58 dans Maux en prose | Commentaires (6) |

Chapître 3 : Deux amants (2ème partie) | 19 juin 2006


Chaque soir, il referme sur lui le couvercle pesant de la vérité qui n'ose pas se dire. Il rêve d'opaline et d'être un clown dans un cercueil boisé. Allongé dans la malle, le clown s'endort avec ses effets personnels. Il ne ressortira pas avant plusieurs jours. Quelques mois. Tout dépendra des rires des enfants. Il attendra sagement, les bras le long du corps, la tête légèrement inclinée vers la droite. Vers le rai de lumière qui lui permet de rester en contact avec la vie, avec l'amour, avec son chien qui vient de temps à autre renifler cette béance crépusculaire. Oubliant parfois de dormir, veillant un mort imaginaire, fouinant le sol jusqu'à en égratigner sa truffe brune. Rongeant le bois jusqu'à y laisser quelques dents. Il finira par s'enraciner auprès de la malle, par se confondre avec elle pour finalement sentir contre lui une présence humaine, une présence mêlée d'absence puisque personne ne tient les ficelles de ce clown. Puisque aucun coeur ne lui prête sa chaleur et sa vie. Le souffle chaud du chien, ses regards incessants sous des paupières ensommeillées, la moiteur de sa truffe, finiront bien par ranimer le pantin, lui redonner sa vie et son courage.

Alors, il sortira de la malle, petit diable farceur, sous les bravos de la foule en émoi. Il se révélera au chien jappant et à l'amant jaloux mais heureux. A la vie qui sourit. Irrésistiblement beau et jeune, éphémère. Mais quelqu'un découvrira bien vite la supercherie. L'homme que cache et que dévoile le maquillage. Les vêtements féminins. Ce sont deux hommes qui s'enlacent sur le sable de l'arène, devant les yeux émerveillés des enfants qui ne comprennent plus rien mais qui trouvent cela beau. Et drôle. Les mains des adultes les agrippant, les bancs que l'on bouscule au passage, le rideau qui tombe sur deux clowns démasqués, leur maquillage à leurs pieds. Sur deux clowns amoureux du même rêve. Petite flaque blanche, noire et rouge. Infâme déchet cosmétique sans consistance, sans appartenance précise. Une souillure ineffaçable que tout le sable du monde ne parviendra jamais à recouvrir totalement.

Stefan avait eu besoin de Réginald pour une histoire d'amour et de haine. Sans lendemain. Il ne savait plus dire joue contre joue, les yeux dans les yeux. Il ne savait plus dire je t'aime. Si on ne tournait pas sa clef à fond, il ne dansait pour personne. Il ne se déhanchait pour personne. Mais si une main experte remontait sa petite mécanique, il chantait à tue-tête, s'élançant avec le chien dans les bras et l'amour à leurs trousses. Aujourd'hui, dans ce rêve, quelqu'un avait dérobé la clef, le mécanisme était faussé, les bras désarticulés, la tête inclinée. Les vêtements et le maquillage avaient disparus. Seulement vêtu de poussière et de terre glacée. La malle est toujours à sa place, fermée, oubliée. Et tout cela n'est qu'un rêve amer et sincère. Un rêve qui s'achève par l'inexistence, l'incommunicabilité qu'est la mort. De l'être aimé, de l'amant perverti ? Du chien meurtri. Du clown en désordre, éparpillé aux quatre vents d'un chapiteau sinistre et déserté.

Un râle dans la nuit, un chien qui hurle. Le clown fantôme donne encore quelques représentations pour ses fidèles et pour son amant. Pour la nuit, pour son chien et pour lui. Il a revêtu ce soir sa plus belle toilette. Une robe fourreau noire et or. Il a mis du rouge sur ses joues pour en travestir la pâleur. Du noir sur ses yeux pour couvrit ses pleurs. De l'or dans ses cheveux. Un arc-en-ciel s'élève au-dessus du pauvre chapiteau illuminé. Une clef tourne dans le vide. Une voix gémit et se plaint. Une voix suave et presque inaudible. Une voix brisée par le chagrin et la souffrance. Il est l'heure de saluer le public imaginaire et de retourner s'allonger dans la malle sombre et trop étroite. Adieu la vie, adieu l'amour.

Publié par ecrirecesthurler à 22:12:08 dans Un roman | Commentaires (4) |

Chapître 3 : Deux amants (1ère partie) | 19 juin 2006


Stefan était encore un enfant alors que sa femme avait déjà grandi. Peut-être trop vite pour le comprendre, mais trop petite pour le défendre. Trop faible pour baisser les doigts des accusateurs. Trop fragile pour le mettre à l'abri des regards obliques.

Elle, elle savait déjà. Elle le connaissait mieux que quiconque. Il était son ami. Il est devenu son mari. Mais il ne pouvait plus se contenter de travailler, de rentrer à la maison, un peu pour elle, un peu pour embrasser les enfants, un peu pour caresser son chien. Il ne pouvait plus se contenter de regarder la progression des saisons, par la fenêtre. Il n'a pas perdu la raison. Un été, tout simplement, il s'en est allé avec le chien. Ce chien qui ne savait plus que faire et qui a couru autour de chaque pièce, renversant tout sur son passage. Toujours pressé mais jamais fatigué. Il ne comprenait pas la femme qui pleure, les mains sur ses yeux. Les enfants à l'école sans hier, sans demain. L'homme et sa voiture, sa valise et la laisse. Pour tout de suite, pour lui. Et comme le chien est un ami fidèle et loyal, il a sauté dans la voiture de l'inconnu, de Réginald. Au revoir la vie, au revoir l'amour.

Et c'est ainsi qu'il a un nouveau foyer avec Stefan dans l'appartement de Réginald. Dans cette nouvelle demeure, tout est blanc, tout est froid. Les meubles sont blancs, les dallages sont blancs, les murs sont blancs. Même les assiettes sont blanches. Et le chien, lui, est noir... et blanc. Les deux amants sont toujours là, avec lui. Un peu moins affectueux qu'au début mais quand même présents à l'heure des repas et de la promenade du matin et du soir. Réginald, l'inconnu, est un homme blond, presque blanc ; et leur couple est noir dans un décor blanc. Ils s'aiment sans se comprendre, tout simplement. Ils ne pensent déjà plus à la femme, aux enfants, ni au chien. Au chien qui lèche le sol à la recherche de l'eau. Qui pense qu'il était heureux, qu'il avait une famille et qu'elle s'est morcelée. Qu'il avait un jardin et qu'aujourd'hui, il vit dans un atelier de marionnettiste. Celui de Stefan, sous la poussière, et dont la vie qui s'en dégage n'atteint pas la lumière. Peut-être est-ce le défaut de lumière qui détruit la vie émergente, encore toute faible de son effort pour naître. La vie fragile de ce chien de faïence, brisé dans ses rêves, cassé dans sa course.

Stefan est trop maquillé, trop fardé, sa penderie est pleine de toilettes pailletées or et argent, de costumes blancs ou beiges, de chapeaux assortis. Voilettes, frou-frou fous, perruques blondes et brunes, bas résilles. Il a trop changé pour Réginald. Sur sa poitrine, des seins factices qui tromperaient le plus virile des hommes. Un homme-femme silencieux et pudique. Complice de son amant et de son chien. De son amour. C'est un clown qui pleure plus souvent qu'il ne rit car sa personnalité ne le satisfait plus. Un clown blanc et triste. Au maquillage fade et violent à la fois. Aux allures mondaines et vulgaires. A la voix suave.

Après chaque représentation, il referme soigneusement sa malle aux trésors et s'endort au milieu du satin et de la soie brodée. Chaque soir, un rire étouffé sur son passage, un éclat retenu afin de ne pas briser son coeur ni son pâle sourire.

Publié par ecrirecesthurler à 21:38:11 dans Un roman | Commentaires (1) |

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