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ECRIRE EN SILENCE...

Les maux de l'inceste

Tout le bonheur du monde | 18 juin 2006

Sinsémilia - Tout le bonheur du monde

P
arce que tu aimes cette chanson...
Parce que tu disais : "Cette chanson, elle est pour toi Flo"...


On vous souhaite tout le bonheur du monde
Et que quelqu'un vous tende la main
Que votre chemin évite les bombes
Qu'il mène vers de calmes jardins.

On vous souhaite tout le bonheur du monde
Pour aujourd'hui comme pour demain
Que votre soleil éclaircisse l'ombre
Qu'il brille d'amour au quotidien.

Puisque l'avenir vous appartient
Puisqu'on n'contrôle pas votre destin
Que votre envol est pour demain
Comme tout c'qu'on a à vous offrir
Ne saurait toujours vous suffire
Dans cette liberté à venir
Puisque on sera pas toujours là
Comme on le fut aux premiers pas.

Toute une vie s'offre devant vous
Tant de rêves a vivre jusqu'au bout
Sûrement plein de joie au rendez-vous
Libre de faire vos propres choix
De choisir qu'elle sera votre voie
Et où celle-ci vous emmènera
J'espère juste que vous prendrez le temps
De profiter de chaque instant.

Ché pas quel monde on vous laissera
On fait d'notre mieux, seulement parfois,
J'ose espérer que c'la suffira
Pas à sauver votre insouciance
Mais à apaiser notre conscience
Aurais-je le droit de vous faire confiance...

Publié par ecrirecesthurler à 21:36:44 dans Espoirs | Commentaires (2) |

Candyman | 17 juin 2006

Philip Glass - Music Box

Publié par ecrirecesthurler à 21:05:12 dans Espoirs | Commentaires (4) |

CAZORP | 16 juin 2006



P
ourrir (de l'intérieur)
Refouler (le passé)
Oublier (les fantômes)
Zapper (la vie)
Anorexier (le corps)
Cicatriser (les maux)
 


Engourdissement des sens. Tout devient flou. Le monde se divise à l'infini. Le néant l'anéantit. Le passé s'évanouit. Quelques temps. La vie revient. Pour l'instant. Le noir assombrit le ciel. Ma tête vole en éclats. Contre les murs blancs. Remède miracle ? Petites gélules sans saveur. Pour guérir ou pour mourir. Au choix. Trop n'est toujours pas assez. Trop reste sans cesse trop peu. En ingurgiter plus. Mélanger pour changer. Pour ne plus rien ressentir. Pour s'engourdir les sens. Puis regretter : la disparition du monde, le brouillard qui descend, les formes qui s'estompent, les bruits qui deviennent sourds.

Publié par ecrirecesthurler à 21:59:05 dans Maux en prose | Commentaires (0) |

Enfermement | 15 juin 2006


Enfer. Enfermement. Avoir attendu si longtemps pour dire et se voir refuser ce droit. Devoir se taire. Cacher. Hurler en silence. Ecrire. Et, par-dessus tout, se dire que plus rien ne sera comme avant. Mais, cependant, étrangement, continuer à espérer cet avant. Aller de l'avant : impossible.  Qui sait m'écouter sans me juger, me parler sans me condamner, me comprendre en me devinant ? Séquestration hier. Enfermement aujourd'hui. Où est la différence ? Je reste prisonnière. De mes maux. De mes mots. Oui ils sont difficiles à entendre. Oui c'est épuisant de les écouter. Mais c'est encore plus terrible de les contenir à l'intérieur.  Enfouis entre les entrailles. Viciés. Souillés. Meurtris. Ecartelés parmi les côtes.

Alors je les vomis, chaque jour, seule, en silence, mais avec une telle douleur que les muscles en restent tétanisés. Avec une telle violence que les larmes ne suffisent plus pour pleurer.

Enfermée. Liée, agonisante. Détenue. Depuis 185 jours.

Publié par ecrirecesthurler à 21:25:28 dans Maux en prose | Commentaires (15) |

Chapître 2 : Le palimpseste du masculin (2ème partie) | 14 juin 2006


Il ne faut pas se laisser tenter par la mort qui paraît douce sous prétexte qu'elle n'est qu'un mauvais moment à passer.

Réginald ne supporte plus le bruit, la foule, les nuées d'individus qui papillonnent autour de lui. Il arpente sa cage de droite à gauche. Homme-lion dans une cage de verre, qui peut se rompre à tout moment, laissant ainsi s'échapper celui qui cherche sa liberté et sa voie, loin de l'ordre du monde. De la cage de verre, il ira vers la cage de cristal. Fragile, docile, prisonnier d'une liberté dont il ne sait que faire. Il est trop seul et refuse pourtant le contact. Tant de paradoxes en un seul être. Il vacille entre les murs. Il contemple, écoute, écrit et puis pense, à tout et à rien, à celui qu'il attend et qu'il aime. Il pense qu'il est heureux mais qu'il lui manque malgré tout ce petit rien pour que son bonheur, leur bonheur, soit complet. Homme-coquillage toujours enfermé dans ses rêves, sous un monticule de livres relus maintes et maintes fois, de pages volages qu'il connaît déjà par coeur, sous un monticule de vie. Il attend la prochaine station où il ne descendra pas encore. Trop de liberté, il se perd et nous perd avec lui. Ce serait si facile de dire oui, de se laisser tenter, apprivoiser, approcher, approprier. Mais il réfléchit trop, trop longtemps et c'est la fuite irrémédiable hors du réel.

H
omme énigmatique et froid tout comme la neige de ses montagnes, homme brûlant de passions inconnues parce que trop dissimulées, trop profondément et trop vite enterrées. Comme les morts, elles dorment les unes à côté des autres, sans pour autant se connaître, en longues files interminables. Cimetière de passions empoisonnées, bien à l'abri sous la terre, sous la vie, à l'abri de tout regard humain, de tout contact avec ce qui leur est extérieur. Comme ces morts qui se parlent entre eux et que personne ne pourra jamais entendre ni comprendre. Il entraîne avec lui les autres, dans ce jeu du mensonge insoutenable et imbécile. Il aime faire souffrir les autres, les voir souffrir.

Homme monstrueux dans son sadisme revendicateur et perfide. Oserait-on pervers ? Désormais, elle n'a plus envie de savoir. Ce qu'elle sait lui suffit. Trop savoir, trop connaître, c'est déjà trop juger, trop condamner. Et ce n'est pas à elle de le condamner ; sa façon de vivre ou de penser ne la regarde en rien, tant qu'elle ne sera pas réellement, directement impliquée dans leur jeu. Il est des hommes que l'on ne peut apitoyer d'un regard ou d'une parole sincère. Il est des hommes trop libres et trop fiers de cette liberté qu'ils utilisent pourtant à mauvais escient. A des fins scabreuses et maladives, à des fins désespérées et désespérantes pour ceux qui les observent en silence, en secret. Ceux qui restent dans le noir, la peur et le doute. Seul, il a tracé sa voie et seul il la suit. Cette voie menant jusqu'à Stefan et jusqu'à l'autre monde. Celui qui récuse la morale, qui revendique le plaisir au détriment de la raison et qui, par conséquent, ne peur engendrer que contestation, incompréhension et effroi.

La chose que personne ne peut nommer, condamnée comme une perversion, une maladie mentale du ressort de la psychanalyse, une monstruosité insignifiante et impardonnable à jamais rayée des mémoires puritaines et réalistes. Un concept rejeté en un seul mot de treize lettres : l'homosexualité. Limpide dans sa prononciation et dans sa graphie, ce mot est pourtant lourd de signification, de préjugés et d'horreur. Un mot qui porte en lui tout le poids de sa faute et qui résume ainsi la voie que ces deux hommes ont choisie de suivre seuls. Ensemble, ils ont décidé de tenir à leur rêve. Pourquoi ne pas simplement fermer les yeux et les ignorer ? Faire comme s'ils n'existaient plus ou comme si tout était normal ? Mais fermer les yeux, n'est-ce pas fermer son coeur ? Est-ce possible qu'un homme puisse se vouloir femme pour appartenir à un autre homme ? Est-ce réellement possible qu'un jour le masculin rencontre le féminin si précisément qu'ils décident de fusionner, de se confondre dans l'absurdité du non-être, de la non-personne née des rôles échangés ?

Dans l'éviration, on ne sait plus qui est qui, qui fait quoi et surtout pourquoi ? Absurdité des choses qui dérapent parfois de leur trajectoire initiale. Absurdité des êtres quand l'amour s'en mêle, quand l'amour s'emmêle et que la conscience se perd à jamais dans les replis des draps et des bras. Tour à tour, le dit et le non-dit des apparences sont révélés. Le dit est le non-dit. Qu'en dire ? Si ce n'est qu'on ne comprend pas ou bien qu'on ne cherche par réellement à éclaircir ce mystère de la métamorphose interne. Intense comme la chaleur des regards qu'ils s'adressent dans l'intimité que leur réserve la neige et le froid, la nuit et la peur.

Elle aussi a rencontré la peur en plus de la peine. C'était un jour où le temps était particulièrement beau. Elle se disait d'ailleurs qu'il était bien trop beau, bien trop chaud aussi. Elle aurait préféré comme eux la première neige, la première bise que l'hiver dépose sur les joues des enfants, la première étreinte des flocons et du vent. Mais c'était un jour indéniablement, irrémédiablement beau et gai. Un jour pendant lequel les gens en profitent pour s'embrasser sous le soleil, pour rejoindre la mer ou pour bavarder depuis les balcons aux rideaux multicolores. Elles, elle n'avait pas envie de bavarder et la mer l'attirait trop pour qu'elle ne se laisse de nouveau tenter. Car ensuite, il faut pouvoir s'y arracher, ne plus courir jusqu'au bout de cette ligne imprécise où se brisent les vagues, ne plus entendre sa voix se mêler à l'appel des goélands survolant le flot. Et puis le mer est trop proche de la mère et elles sont amères.

L
a peur l'a frappée comme la foudre abat un petit arbre encore fragile et délicat. Un petit arbre tendant ses quelques branches vers le ciel en espérant qu'au moins une fois dans sa courte vie, un oiseau viendra s'y nicher. L'oiseau apportant une petite touche de beauté, de vie et d'amour à l'arbre. Un regain de vitalité. La peur et l'angoisse l'ont frappée en plein coeur, là où elle était le plus sensible. Alors la nausée s'est installée et il leur a fallu apprendre à vivre ensemble, à s'adapter l'une à l'autre puisque aucune des deux ne voulait céder. Le combat fut long et douloureux car la nausée frappait plus fort de jour en jour, appelant pour tout renfort, l'angoisse qui fait palpiter le coeur, les convulsions qui agitent le corps dans son sommeil pour le rendre encore plus vulnérable. Mais ce combat n'était ni logique ni loyal ; elle n'avait que peu de force pour résister aux assauts des crises inattendues. Anéantie par le féminin, la femme ne croit plus en rien.

Si les valeurs qu'elle pensait stables se sont effondrées, si l'homme n'est plus l'homme et s'il aime un homme au lieu d'une femme, à quoi peut-elle alors se raccrocher pour ne pas tomber dans ce piège ignoble que lui tendent l'abîme et l'absurde ? Mais, il faut pourtant qu'elle continue à vivre car un jour, peut-être, elle écrira l'histoire de cet homme qui aimait un homme et qui devînt son semblable pour l'amour de lui. Elle décrira sa progressive transformation en cette monstruosité : un homme qui se fait femme. Un jour, elle écrira une histoire d'amour avec les mots de Réginald : « Voici l'humain dans ses figures inouïes, le flux femme et la virginité de l'homme, l'éternellement ouvert du maternel et le père errant, fuyant ; la monstruosité d'un couple cédant à l'identité plurielle de l'homme et de la femme. Comprenne qui pourra, la vie est incompréhensible. »

Publié par ecrirecesthurler à 22:34:38 dans Un roman | Commentaires (7) |

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