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ECRIRE EN SILENCE...

Les maux de l'inceste

Menstruations | 20 mai 2006


Vendredi 23 Septembre 2005

Aujourd'hui, c'est le grand jour
Je suis devenue une femme!!!


Merci N.

Publié par ecrirecesthurler à 16:55:15 dans Maux en prose | Commentaires (0) |

Enceinte | 20 mai 2006




J'ai 14 ans...

Cet enfant que je n'ai pas désiré est en train de pourrir à l'intérieur de moi et de me ronger jusqu'au dernier morceau de chair. Comme dans ces films d'horreur où les gosses ont des dents toutes petites mais très acérées et des yeux complètement exorbités.

J'ai engendré un monstre et sa vengeance ne fait que commencer.

Je dois faire quelque chose avant que ce monstre ne sorte la tête de mon ventre, le poing en avant et la bouche dégoulinante de mon sang.

A l'aube, je me réveille dansle petit espace de la salle de bains qui, tout à coup, m'apparaît rassurant. Je suis recroquevillée sur moi-même, un mince filet de sang coule entre mes jambes. Un mince filet de sang me rappelant que quelque chose bouge en moi et que je veux le détruire de toutes mes forces.

Un parking souterrain, un vieux cintre de fer, la solitude, la peur au ventre, la douleur, la mare de sang...



Publié par ecrirecesthurler à 16:44:43 dans Inceste / Viols | Commentaires (3) |

La nausée | 20 mai 2006



On tremble, on bégaie, on y pense
Le corps secoué de convulsions
A l'intérieur, le mélange infect se balance
Et soudain, c'est l'explosion

.O°O.

Les yeux alors éclatent
Et le sang peut jaillir
S'égoutter dans les flaques
Ou me faire vomir

.O°O.

Il entre dans la bouche
Et la nausée secoue
Empalée sur la fourche
Ou traînée dans la boue

.O°O.

L'odeur fétide est forte
On tousse, on crache mais l'on boit
La liqueur que nous offre la Morte
Et qui nous soulagera

.O°O.

Du sang, des tripes, ça fait mal
Les spasmes, le coeur est secoué
Il monde et descend, l'animal
Pour mieux ensuite être expulsé

.O°O.

Les éclaboussures laissent des traces
Que l'on ne pourra effacer
C'est la mort que l'on embrasse
Et qui rit de son oeil crevé

.O°O.

Entrailles déchirées, coeur flétri
Ca coule, ça gicle et disparaît
C'est chaud et mou la maladie
On y meurt mais l'on s'y plaît

.O°O.

Elle ressort par la bouche
La nausée qui secoue
Empalée sur la fourche
Ou traînée dans la boue

Publié par ecrirecesthurler à 16:31:54 dans Maux en vers | Commentaires (0) |

Peter Pan | 20 mai 2006



Le psy pense que je ne suis atteinte du syndrome de Peter Pan mais d'un trouble de la personnalité de typer BORDERLINE : ce que N. appelle "Régression". C'est passer d'un comportement d'adulte à un comportement d'enfant. C'est un trouble de l'émotion : je réagis plus intensément que d'autres face à une situation de stress. C'est en fait de l'hyperémotivité liée au sentiment d'abandon que je ressens. Le psy n'arrive pas encore à définir si je suis retombée dans l'anorexie pour me faire réellement du mal ou pour affirmer, au contraire, ma volonté de guérir. Je suis trop tiraillée entre l'envie de mourir et l'envie de vivre (l'instinct de survie).

Pour que N. se sente mieux et qu'elle sache où elle en est, elle doit prendre en considération ce dont j'ai besoin dans l'immédiat. Et, pour cela, je dois être encore plus claire et encore plus franche avec elle. Je ne dois pas lui mentir et lui soumettre honnêtement ce que j'attends d'elle pour la mettre en situation de tuteur actif et non plus de spectateur impuissant...

Publié par ecrirecesthurler à 13:27:52 dans Inceste / Viols | Commentaires (2) |

Hypnose 4 | 20 mai 2006


- Combien y a t'il de personnes dans la pièce?
- 7
- Vous les connaissez toutes? Vous pouvez les nommer?
- S. et C., M. et R., F. et L. Et moi
- Pourquoi vous citez-vous en dernier?
- Parce que je suis toute petite, on ne me voit presque pas sous la couverture. Moi, je suis allongée mais eux sont debout autour de moi
- Vous parlent-ils?
- Non, ils parlent entre eux et font comme si je n'étais pas là, mais j'écoute
- Comment vous sentez-vous à ce moment précis?
- J'ai froid parce que j'ai peur. Mes jambes tremblent toutes seules et je ne réussis pas à les contrôler. je sais bien ce qui va se passer, ça finit tout le temps comme ça. Ils ne me regardent même pas mais ça va recommencer
- Vous allez maintenant visualiser toutes ces personnes autour de vous et décrire lentement les gestes de chacune d'entre elle
- Oncle C. est assis par terre, il est adossé à la porte. Tante S. est assise à côté de moi sur le lit. Elle embrasse M. qui lui caresse les cheveux. F. commence aujourd'hui, il retire la couverture et écarte mes jambes. Il met une main sur mon visage et me caresse avec l'autre main. Il s'allonge sur moi et met son sexe dans le mien. Au moment où j'ai mal, j'ouvre les yeux. Tout le monde me regarde. Ils continuent à parler et à rire comme si je n'existais pas. Je me sens seule et sale à l'intérieur du corps mais aussi à l'extérieur parce que quelque chose coule sur ma jambe. Il l'essuie avec le drap puis, c'est Oncle C. qui s'approche. Il fait la même chose que F. mais beaucoup plus violemment. J'ai l'impression d'être toute légère par rapport à eux
- Vous ne pouvez pas résister?
- Non, ils me tiennent les jambes et les bras. Ils m'attachent les mains et me mettent toujours une main sur la bouche pour qu'on ne m'entende pas crier ou appeler
- Donc, ils sont plus forts que vous, plus nombreux, plus grands et vous ne pouvez vous débattre?
- Non, je ne peux plus bouger
- Ils sont en train de vous violer à tour de rôle, vous n'y pouvez absolument rien. Ce sont des adultes, vous avez 7 ans, vous êtes petite, sans défense et attachée
- Non, je ne peux rien faire qu'attendre qu'ils aient terminé de jouer
- Qui décide des règles du jeu?
- Ce sont eux
- Qui débute le jeu?
- Eux
- Alors vous n'avez rien à faire dans ce jeu?
- Non, je suis là simplement et ils m'utilisent
- Ils vous utilisent! On y est enfin! Ils se servent de vous comme d'un vulgaire objet. Ils vous manipulent
- Oui
- Et ça ne vous met pas en colère que des individus se servent de vous dans ce but?
- Si
- Je ne vois pas de colère sur votre visage, vous paraissez sereine, voire résignée
- La colère est à l'intérieur, elle me fait mal au ventre et me donne la nausée. Elle me brûle mais ne sort pas
- Vous seule pouvez la laisser exploser. Pensez à ce qu'ils vous ont fait subir, parce que vous subissiez, vous étiez leur jouet, leur victime
- Je n'arrête pas d'y penser et ça me détruit
- Alors parlez! Explosez! Parlez-moi de ce qu'ils vous inspirent. Que ressentez-vous pour eux?
- De la peur
- Mais encore?
- Du dégoût
- Du dégoût pour eux ou pour vous-même?
- Pour les deux. Eux me dégoûtent parce qu'ils sont chauds et moites, ils me font mal, ne me laissent pas tranquille, je n'arrive plus à réfléchir. Et moi, je me dégoûte parce que je les ai tous vus. Ils étaient nus, et moi aussi
- Vous n'avez pas à avoir de dégoût pour vous-même. Ce sont eux qui vous ont déshabillée, qui vous ont placée dans cette position avilissante
- Oui, ce sont eux, chacun leur tour



CONCLUSION : Mlle... a choisi d'entamer une thérapie comportementale le 13 décembre 2003. Tout au long de cette thérapie, certains signes qui, au départ, paraissaient annonciateurs d'une dépression, tendent à disparaître puis à réapparaître, tels par exemple : les pleurs, la perte d'intérêt ou de plaisir, la perte d'appétit, les insomnies, le sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive, la difficulté à se concentrer, les pensées de mort.
Parler des abus, pour elle, est une reviviscence insoutenable. Mais, paradoxalement, elle a conscience qu'en se taisant, elle restera dans un processus de victimisation qui nuit à sa restructuration personnelle.
L'image du traumatisme est prisonnière d'un fonctionnement psychique, elle apparaît comme extérieure au corps. Parler, c'est donc faire parler le corps par l'intermédiaire des émotions qui le traversent, afin d'y intégrer l'image traumatique.
Mlle... doit parler et non plus protéger l'accès à cette image mais se la dévoiler. Elle doit aussi accepter l'idée de vivre différemment.
A force de temps, de persévérance, d'écoute et de parole, elle se reconstruira en transformant ses expériences douloureuses en issue positive qu'elle mettra au service de sa vie, et ceci en tirant profit de l'énergie de sa colère, de sa rage et de ses angoisses qui lui font découvrir une face cachée de son inconscient.

Publié par ecrirecesthurler à 13:20:36 dans Inceste / Viols | Commentaires (10) |

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