Publié par ecrirecesthurler à 22:15:12 dans Maux en prose | Commentaires (14) | Permaliens
L'écorchée vive, l'écartelée, celle qui perd son sang comme on sème des cailloux, celle qui égrène son passé comme elle tombe à genoux. La pauvre petite allumeuse qui a peur des bruits de la nuit, qui ne sait plus comment sourire ni même vivre son sursis.
Aux rugissements de son esprit succèdent le ronronnement docile de la chambre close et la douceur fugace des cachets roses. Petite fille aime les bonbons et l'acidulé la réveille de son cauchemar...
Publié par ecrirecesthurler à 22:09:31 dans Maux en prose | Commentaires (3) | Permaliens
J'ai pensé que j'étais « partie » très loin. J'ai même pensé avoir quitté le pays des anges. Je me suis réveillée dans la chambre blanche aux vapeurs nauséabondes. Mon bras pétrifié retenait encore l'aiguille de survie. Mon visage avait la pâleur des bandelettes recouvrant mes poignets momifiés, reposant sur le drap lisse et froid, ouverts en deux demi-lunes rouges et flétries.
A force d'attendre, le sommeil est venu. A travers les larmes, je te voyais. Aucun ange à mes côtés, aucune fée sur mon épaule, juste le silence des murs frais et le grondement de la machine. Le ventre noué par la peur, les yeux fermés sur la douleur, les mains crispées sur la blancheur, une larme chaude sur ton souvenir fuyant.
Décomposée. Je me suis laissée aller, dériver, délabrer. Décomposée par le vide intérieur, composée d'absence et de rien, les entrailles à nu. Défigurée. Je me suis tuée... en silence...
Publié par ecrirecesthurler à 22:07:07 dans Maux en prose | Commentaires (20) | Permaliens
Publié par ecrirecesthurler à 09:39:29 dans Maux en prose | Commentaires (31) | Permaliens
Où sont passés les « il était une fois » qui ont bercé mes illusion ? Pourquoi n'irais-je plus au bois cueillir des fleurs pour ma maison ?
Je suis Blanche-Neige à la recherche du bonheur, hors de sa famille, hors de sa demeure.
Je suis le Petit Chaperon-Rouge apeuré par les grands méchants loups, rouge de honte, rouge de sang.
Je suis le Petit Poucet, semant des cailloux derrière lui, pour retrouver son chemin dans la nuit.
Je suis Pinocchio, petit pantin de bois, désarticulé, désamouré, désespéré de ne pas pouvoir vivre réellement.
Je suis la pauvre Cendrillon, au service de bien des noms, j'ai été déposée dans la salle de bal, pas pour danser pas pour aimer, une souillon ne peut être que sale.
Je suis Alice au pays des horreurs, baignant dans le vice et la torpeur.
Je suis La Belle-au-bois-dormant, espérant son prince charmant, réfugiée dans son sommeil, pour oublier ce goût de fiel, qui lui traverse la gorge, et ce poison violent qui se mêle à son sang.
Où sont passés les contes de fées, les marionnettes et les poupées ? Où sont allés les farfadets, lutins et animaux secrets ?
Publié par ecrirecesthurler à 09:58:40 dans Maux en prose | Commentaires (21) | Permaliens
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