Volontaire ou involontaire, il est comme un désert, une errance du cœur solitaire, à la recherche de son double, partance de l'âme suicidaire, que l'oubli veut noyer en eaux troubles.
A l'aperçu des souvenirs qui enrichissent la mémoire et ne fléchissent pas sous le poids des années écoulées en survie.
Oubli, berce-moi de tes murmures, mets des mots sur mes ratures, revêts mes ailes déchirées d'une toute nouvelle parure, colore mes yeux de tes aquarelles et donne-leur cet éclat de miel, que se ternisse à jamais ce regard vide et fané, tourné vers l'arrière, vers l'oubli.
Publié par ecrirecesthurler à 16:02:23 dans Maux en prose | Commentaires (15) | Permaliens
Au moment où tout bascule, quand plus rien ne nous retient, rejoindre le crépuscule, le vrai, celui des anciens, celui qui chante là, derrière les haies d'épines, celui qui crie au cœur, assassine, celui qui reprend la nature des erreurs de jeunesse, et qui laisse ce venin dans les mots, dans les gestes.
S'arrêter un instant, souffler puis se jeter, à corps perdu dans ce décor de poussière, souffrir pour de bon, se laisser moisir, recouvrir par l'éphémère des mots en suspension, ne plus avancer à tâtons dans la lumière mais éclairer la nuit d'une seule bougie, incandescence venteuse, flamme qui danse et s'émerveille, chaleur et pâleur de la lueur austère, s'envoûter de ce cierge jusqu'au passage vers l'au-delà.
Pourquoi faut-il rechercher l'innocence oubliée, pourquoi faut-il se plier aux normes de la perfection, se mouler jusqu'à en oublier nos peines, se couler dans ce masque d'étain, de fonte et de vermeil, les ailes rougies aux contours flasques, le cœur meurtri par tant de larmes, l'âme en peine au coin de la Seine, le regard désabusé par tant de déception.
Publié par ecrirecesthurler à 13:56:33 dans Maux en prose | Commentaires (5) | Permaliens
Je ne sais pas aimer, je demande trop, trop d'attention, trop d'affection, trop d'amour ou d'amitié.
Je sais pas parler de moi autrement qu'en vers ou en prose, incompréhensible pour qui ne sait pas lire entre mes lignes.
Je dérange tout le monde avec mes questions, mes doutes, mes peurs, mes peines. Trop sensible, c'est ridicule, je pleure tout le temps. Trop égoïste pour comprendre ou écouter, j'ai le cœur bien trop froid pour qu'on s'intéresse à moi, pour aimer réellement.
Je ne sais faire que du mal, détruire tout ce que j'aime, tout ceux que j'aime. Je n'ai jamais rien su construire de beau autour de moi, même pas une vraie famille à moi, je ne peux même pas avoir d'enfant, j'ai juste des rêves et des espoirs. Je ne sais bâtir que des barricades. Je ne sais pas aimer.
Saloperies de traumatismes et de manques. Ca ne sert à rien de s'approcher de moi. Je ne sers à rien. A rien d'autre qu'à faire du mal. Pardon.
Publié par ecrirecesthurler à 21:32:57 dans Maux en prose | Commentaires (6) | Permaliens
Pénètre mon sommeil, mets ta joue contre la mienne, chuchote-moi tout bas, pour ne pas que je fonde.
Publié par ecrirecesthurler à 10:10:13 dans Maux en prose | Commentaires (3) | Permaliens
Quelques ares de paix dans la périphérie bruyante des villes, des rencontres inattendues avec l'éternité, mes larmes ont réchauffé le granit et le marbre, mes bras ont embrassé les froides roses et les fines bruyères, mes yeux ont croisé les regards endeuillés, mes bras ont enserré d'impalpables souvenirs, mais le rideau est tombé sur ce pathétique spectacle de la mort et de la vie qui se damnaient à se trouver drôles.
Ressentir des ailleurs, des ondes, des sensations, écouter la douceur du silence, long, à l'ombre des ifs et des herbes rares, deviner la présence de ces hommes et femmes de pierres derrière leurs miroirs.
Lire, comme dans un livre l'histoire de ces êtres déchus, oubliés, vagabonds de la postérité, être virtuels qui collent à la mémoire de ceux qui les ont aimé, anges asexués étreignant l'imaginaire.
Se cacher sous un voile dont les plis délicats laissent deviner les contours macabres, se laisser saisir par le désarroi des survivants figés dans la pierre, par leurs visages meurtris, ravagés, désemparés, que ni les pollutions, ni l'usure du temps ne parviennent à estomper, recouverts de mousses et de lichens.
Admirer la tendresse du regard et du sourire des anciens que la mort sépare, le désarroi d'un enfant arraché trop tôt qui, injustement, n'a pas eu sa chance.
Désordre végétal joyeux et libertaire, anarchie minérale, fouillis de pierres sans dieu ni maître, de pierres fendues, disloquées, désagrégées en petits morceaux, minéral retournant harmonieusement au minéral, tombeaux mangés par les herbes folles, noyés dans le lierre, où l'on aime à venir, rompre la solitude des morts.
Publié par ecrirecesthurler à 08:54:07 dans Maux en prose | Commentaires (5) | Permaliens
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