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ECRIRE EN SILENCE...

Les maux de l'inceste

Mélancolie | 27 octobre 2006


"La mélancolie c'est le bonheur d'être triste"

Victor Hugo

Publié par ecrirecesthurler à 08:58:25 dans Maux en prose | Commentaires (43) |

Ame égarée | 26 octobre 2006



Elle a égaré son âme et ne parvient plus à la retrouver, à se retrouver. Elle interroge le miroir qui ne lui renvoie plus aucun reflet...  Son esprit s'est envolé, tout comme son image, tout comme son sourire, tout comme les couleurs de sa vie.

Elle se dévisage dans tous les miroirs...  Mais personne ne semble en revenir. Les miroirs restent vides. Envie de pleurer... Mais il y a bien trop longtemps que ses peines se sont taries...  Au moment même où son âme s'est égarée, au moment même où son enfance s'est brisée...

Son âme envolé...  Il ne lui reste rien d'autre que ce corps...  Un corps plein de souvenirs...

Personne ne sait qui elle est, ni d'où elle vient...  Elle est une enfant sans enfance, elle est une enfant sans âme...  Elle est la tristesse incarnée, la solitude...  Personne ne vient s'asseoir auprès d'elle...  Tout le monde est effrayé face à son regard vide...  Parce que personne ne peut y voir son âme, parce que personne ne parvient à la voir, elle...

Tout ce qu'on voit, c'est un corps, une enfant abandonnée, une enfant mal-aimée, une enfant dont personne n'a pris soin...

Elle persiste à vouloir se dévisager dans ces miroirs...  Espérant qu'une âme lui fera grâce...  Et elle attend...  Elle sait que son heure viendra...  Elle attendra...  Le temps ne lui pose pas de problème parce qu'elle a pris conscience qu'elle n'avait plus d'âme...

Publié par ecrirecesthurler à 09:21:44 dans Maux en prose | Commentaires (27) |

La clé des songes | 25 octobre 2006



Ca défile comme un film mais il manque la moitié de la pellicule. Une ombre chinoise derrière un rideau noir, un tiroir qu'on espère refermer sur un vide étranger, une armoire emmurée par erreur, un coffre inaccessible qui ne renferme plus aucun souvenir, plus aucun trésor.

J'ai perdu la clé de mes songes, j'ai brisé mes ailes et ma carapace, j'ai laissé ma pitié quelque part entre hier et demain, je me suis noyée dans le flot de mes larmes.

Et j'ai coulé si profondément dans les eaux troubles de mon lagon maudit.

Pêche interdite, je me confesse un peu trop tard, un peu trop souvent. Les requins ont dévoré mon corps déjà ensanglanté. Ils l'ont déchiqueté, mis en pièces. Les bourreaux se sont chargé de ce qu'il en restait.

Carcasse impudique, impure, dépravée. Squelette obscène, répugnant, corrompu.

Tas d'ossements déjantés qui me sert de corps, ramassis de détritus pourris qui me sert d'inconscient. Je vis à rebours parmi ma dépouille. Ma clé est là, juste entre les cadavres, sous un amoncellement ordurier de ce qu'ils ont bien voulu laisser.

Songes amers. . .

Publié par ecrirecesthurler à 09:41:45 dans Maux en prose | Commentaires (35) |

Avec le temps | 20 octobre 2006

Léo Ferré - Avec le temps





Pourquoi faut-il courir tout le temps ? Pourquoi ne peut-on pas prendre son temps, de temps en temps ?

Prendre du temps pour les autres et puis pour soi aussi. Prendre le temps d'aller et venir. On s'adore, on se cherche, on se devine. Mais surtout on se manque et on s'oublie.

On n'a plus le temps de vivre, plus le temps de se laisser aller, plus le temps de voir venir. Il ne nous reste plus que des photos. On ne regarde plus que de chouettes souvenirs.

Dans pas longtemps, ce sera le printemps, allez, viens, si on prenait un peu de temps pour nous, avant, un peu de bon temps ?...

Parce que le temps nous rattrape à la vitesse grand V et si on le laisse gagner, on a tout à y perdre. A force d'attendre, on va rejoindre la mort et on se sera perdus de vue, de s'être trop attendus.

Tic tac...  Tic tac...  Tic tac...

Avec le temps, va, tout s'en va...  Avec le vent, là, tout fout le camp...

Publié par ecrirecesthurler à 11:39:39 dans Maux en prose | Commentaires (9) |

Maman | 20 octobre 2006

                                                  France Gall - Si maman si

Si tu savais tout ce que j'avais à te dire, tu ne sais même pas qui je suis, tu ne m'as pas vue grandir, je ne t'ai pas connue. . .  assez. . .

Tu n'es pas là pour prendre soin de moi, me montrer le chemin. J'ai trop pleuré à te chercher, à te sentir. Mes yeux sont froids de ton absence, mes yeux sont vides de cette image éphémère que je garde de toi, comme une photographie blêmie par le souvenir.

Je voudrais te voir sourire, entendre ton rire, tes pas derrière moi, sentir tes bras autour de mon cou, tes bisous sur les cheveux de mes poupées.

J'ai trop rangé ma chambre en attendant ta voix, je te devine derrière le miroir, je t'admire derrière mes paupières serrées. Tout me rappelle à toi, ton souvenir me hante, ta veste pliée soigneusement sur le dossier du fauteuil. . .

Maman, j'ai besoin de toi quand tu n'es plus là. Ange de mes nuits, tu me souris tendrement mais je ne dors pas, je pense à toi. Regrets de ne pas te connaître. . .  assez. . .

Le temps ne m'a pas permis de te dire « reste auprès de moi ».

Regarde ma vie, souris-moi, secours-moi.


Le temps ne m'a pas permis de te dire "je t'aime". . .

Publié par ecrirecesthurler à 11:26:35 dans Maux en prose | Commentaires (10) |

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