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ECRIRE EN SILENCE...

Les maux de l'inceste

Oubliez-moi | 20 novembre 2006



Oubliez-moi comme j'espère parvenir à vous oublier tous. . . 

Publié par ecrirecesthurler à 20:44:53 dans Maux en prose | Commentaires (24) |

Le petit ange | 17 novembre 2006



Le petit ange a perdu ses ailes, elles sont bien froissées, déchirées, noircies et souillées de leurs vices. Ange dénaturé qui se meurt en silence, ange noir de suie, de boue et de sang, ange solitaire au passé décomposé qui cherche à refaire surface, à reprendre goût à la vie, à la beauté, à la blancheur de l'innocence et de l'insouciance.

Ange bouleversé de paniques et de tourments, ange qui sombre dans le désespoir de son fracas, la tête pleine de questions sans réponses, pleine d'illusions et de chimères, le cœur qui saigne et qui, pourtant, ne demande qu'à aimer, le cœur qui offre bien plus qu'il ne demande, le cœur derrière les barricades de pierre, comme des stèles dressées vers le néant, le cœur recouvert par un tombeau de fortune sans fleur ni souvenir, un caveau isolé, laissé à l'abandon depuis des années, sinistre crypte désertée de ses âmes.

S'allonger sur son tombeau, lui apporter quelques douceurs, quelques égards, ne pas le laisser dans son épouvantable torture, ne pas le recouvrir de misère, fleurir au moins sa tombe, lui rendre cet hommage, sécher les quelques larmes qui perlent encore au coin de ses paupières, déposer sur sa joue un baiser de tendresse, un baiser comme une caresse, douceur d'une aile nouvelle qui lui redonne un souffle de vie, une parole de bonheur...

Publié par ecrirecesthurler à 13:07:24 dans Maux en prose | Commentaires (22) |

Vide déconcertant | 15 novembre 2006



Vide déconcertant, terrible, insoutenable, perçu comme un anéantissement, un effondrement. Manque qui amène cette inquiétante étrangeté dans le cours paisible de la vie et de ses repères habituels. Absence qui rompt la continuité de ce sentiment d'exister, qui fissure cette confiance que j'avais en un environnement jusqu'alors fiable et sécurisant.

Malaise, tension, stress... exclusion...

Respiration retenue, regards affolés, quête d'un visage, d'un sourire familier, dos crispé par l'attente, estomac noué, pincement au cœur... pathétique symphonie de l'abandon...

Le visage connu disparaît, le sourire, la voix, l'odeur, le rythme des pas, le quotidien n'a plus de couleurs, plus d'importance, le présent s'éteint, l'incompréhension s'installe, le désespoir germe, il a des relents de souffrance et d'amertume, des remous de frustration, des courants d'accusations contre l'être aimé indispensable... contre soi-même.

Publié par ecrirecesthurler à 09:24:13 dans Maux en prose | Commentaires (10) |

L'encre rouge | 13 novembre 2006



L'encre coule sous les doigts. Brûlure presque imperceptible du temps qui s'échoue. Encre rougie des plaies réouvertes. Papier buvard qui n'absorbe même plus les peines.

Filament de sang qui parcourt le brouillon d'une existence pathétique. Ecriture angoissée de déchéance. Stress permanent... Mince filet rouge sur une main froide et refermée. Veine ouverte sur l'avenir à recomposer, feuille blanche des ombres à retranscrire en nuages écarlates, ébaucher ce caveau de cendres dispersées par l'oubli, prendre en note : penser à mourir aujourd'hui.

La lune est noire, elle ne sourit plus. De la plume, ne sortent plus que des mots dérisoires, vainement futiles, vilainement inutiles. Gagner l'autre rive pour se dire qu'on a réussi, écrire l'éphémère du contexte abrupt que personne ne saura déchiffrer, laver son cœur dans l'encrier empli du calice pour tenter de vivre cette vie que l'on ne vit plus et demeurer courbé sous le poids des fantômes qui hantent les écrits.

Publié par ecrirecesthurler à 10:49:26 dans Maux en prose | Commentaires (32) |

Le masque | 30 octobre 2006


Toute la journée je dois sourire, ne pas trop penser, ne pas trop réfléchir, faire correctement mon travail, parler de tout et de rien avec mes collègues, rire à leurs plaisanteries, exercer certaines responsabilités, vivre au présent. Je dois faire comme si le passé n'existait pas, comme si j'allais bien, comme si je n'avais aucun souci, aucune peine, aucune douleur. Je ne dois rien montrer, ne rien dévoiler, tout cacher, tout garder au fond de moi.

Mais le soir, lorsque je rentre à la maison, le masque tombe et je m'effondre. Je redeviens moi-même, je suis seule, triste, désemparée. Le poids du passé revient, les larmes l'accompagnent. Je me laisse submerger par cette douce mélancolie qui me laisse un goût amer et des fissures au cœur.

Je ne veux ni ne peut déranger personne alors j'écris. Je me suis toujours débrouillée seule depuis l'âge de 6 ans et je n'ai jamais eu de véritable ami(e) en qui je pourrais avoir toute confiance. Personne ne me connaît réellement, personne n'a jamais cherché à me connaître plus profondément. Personne n'est là, personne à qui parler, personne pour écouter. Uniquement la solitude, l'absence, le vide et le silence entrecoupé de quelques pleurs.

J'aurais aimé ne serait-ce qu'une présence, ne serait-ce qu'une personne sur qui je puisse compter dans ces moments-là, pour ne pas couler.

Je ne supporte plus de vivre sous ce masque, parce que ce n'est pas moi, parce qu'il ne résoudra pas mes problèmes, il ne fera que les dissimuler et retarder l'échéance des larmes. Je ne peux plus continuer à sourire lorsque j'ai envie de pleurer, à parler lorsque j'ai envie de me taire, à vivre lorsque j'ai envie de mourir.

Depuis quelques temps, je suis dans l'attente de quelques bribes laissées ici ou là, quelques mots en signe d'une présence, d'une reconnaissance, d'une compréhension, d'une réelle amitié, j'attends patiemment, j'attends trop, je me perds dans le silence et l'absence, une addiction qui ne me quitte pas, un souvenir qui ne s'efface pas. La page s'est vidée des mots et de la présence par la même occasion. Le virtuel était juste un masque, un de plus, un de trop. . .  Je le laisse tomber ce soir. . .

Publié par ecrirecesthurler à 18:52:33 dans Maux en prose | Commentaires (35) |

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