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ECRIRE EN SILENCE...

Les maux de l'inceste

Ensorceleuse | 26 septembre 2006


Rester sous ton charme sans même s'y attendre. Me prendre dans tes filets de mots déliés, de maux dévoilés, sans même résister, sans rien y comprendre. Tout oser, tout permettre et pourtant ne rien tenter. Me laisser bouleverser, emporter, subjuguer.

Ensorceleuse, voleuse de sentiments. Subtile tentatrice de voile et de vent. Habile faiseuse de cœur en émoi, destructrice de rôle mais consolatrice des désirs.
Ton savoir-faire est comme une érosion qui glisse et efface le temps à venir. Les rides du passé abolies, la nuit étoilée de tes larmes, la valse du sang et des peurs écoulées auprès de toi. Une misère, une poussière d'éternité repoussée, bannie, qui restera accrochée à ton regard en transparence, à la musique de tes chants de sirène. Evanescence des heurts, le présent défie l'ombre de nos doutes. Regarder l'heure pour se suspendre à la prochaine.

Ensorceleuse, tes dés sont jetés. Enrubannée de tes sorts, subir sans rien consentir. Transportée de ton aliénation, ne rien voir venir et tout accepter parce que c'est toi. Surchargée de regrets, outragée de déchirures, ma vie s'écoule entre tes mains meurtries.

Ensorceleuse, briseuse de cœur, bâtisseuse de rêves d'azur et d'insouciance. Démolisseuse de circonstances, nos cœurs déchus en symbiose, nos amours détruits en osmose.
Ne me retiens pas, brûle ma peine pour un instant d'inconscience, consomme mes joies sournoisement.

Ensorceleuse, envoûte-moi de toute part, jette-moi des fleurs. Péril en ma demeure se paiera en retour.

Ensorceleuse, croque-moi comme un chocolat fondu sur tes lèvres. Egare-moi dans ta course folle, laisse-moi inanimée, tue-moi. Je me sentirai soulagée et heureuse.
De ton cri déchirant, brise ma vie en miettes, arrache mes sanglots en lambeaux de finitude, consume ma haine, vole mes trésors, anéantis-moi.


Ensorceleuse, aime-moi comme tu m'ensorcelles...

Publié par ecrirecesthurler à 10:13:45 dans Souvenir :) | Commentaires (69) |

Ange déchu | 20 septembre 2006


Ne pas être fait de pierre, de fer. Avoir beau mettre des barricades, dresser des murs, avoir ses failles. Etre
un ange déchu, un ange rouge, à fleur de peau, dont l'âme est fatiguée. Ne pas oublier ses rêves, les écouter, et se donner une chance de les réaliser. Apprivoiser son coeur et ses pensées, l'aider et non le malmener. Etre trop stressée, étouffer de l'intérieur. Faire réagir son corps pour donner l'alerte.

Mais ce n'est pas évident. Et puis ça recommence. Et ça s'arrête. Et ça recommence, un jeu vicieux pour essayer de faire basculer la cadence. Et hors du miroir, regarder cette partie, en espérant de ne pas se faire échec. Voir son coeur fané, mais le sentir beau aux yeux d'une personne. Se cacher derrière une force pour ne pas montrer comme on est fragile. Etre un ange déchu.

A trop vouloir cacher, se fatiguer, se blinder. Faire souffrir son cœur derrière une armure. Vouloir qu'une personne brise cette armure. Avoir l'impression de remplacer le manque par le don. Comprendre, ça ne doit pas être évident, de se battre avec ses ombres, sans personne sur le même bateau qui vogue à la dérive. Mériter d'être heureuse, avoir une belle âme. Avoir une douleur trop grande, avoir du mal à recoller les morceaux, avoir un coeur couvert de bleus.

Laisser le soleil entrer, lui faire une place, sourire, le sentir près de soi. Le mériter plus que tout.


"Souvenir"

Publié par ecrirecesthurler à 07:17:16 dans Souvenir :) | Commentaires (48) |

Véronique, herbe folle? | 18 septembre 2006



De la pâquerette au coquelicot, du bleuet à la ronce, de l'églantier à l'épine noire, du liseron à la véronique... De la prairie abandonnée au lieu de souvenirs, du terrain de jeux d'enfants au jardin de grand-mère, la mauvaise herbe spontanée occupe progressivement les déchirures, les ouvertures, et crée de nouvelles poches de vie, un nouveau paysage, un nouvel espoir.
Mauvaise herbe, plante agressive, toxique et colonisatrice. Plante mal-aimée, sorcière, indésirable, menaçante et lamentable. Sous son air de clocharde et de marginale, sous son air de romanichel et de misérable, ses fleurs sont médiocres, ses couleurs sont malades, elle vit en lisière de la société, citoyenne des terrains vagues ou vague citoyenne.

L'herbe est mauvaise parce qu'elle prend possession de l'espace qui ne lui est pas réservé, l'herbe est folle parce qu'elle court sur des sentiers battus. Outrageusement vigoureuse, « la plaie c'est ça : c'est qu'elle pousse trop vite, la mauvaise herbe nuit »...

Elle sème à tout vent ses myriades de graines, vouées à mourir dans le désert de granit, de béton et d'asphalte. Elle se régénère d'elle-même, stimulée par les difficultés. Les pas qui la piétinent la rendent plus forte encore. Elle passe là où les autres trépassent, elle pousse là où les autres s'émoussent...

Elle a des relents d'anarchisme, de marge et de sauvagerie. Elle est indomptable et rebelle. Ambiguë à souhait, elle se fait tour à tour plante sauvage ou herbe folle. Herbe folle sans contrôle. Elle est canaille et s'encanaille. Elle est maudite et créatrice, provoque et dérange comme un artiste. Elle est maléfique et envoûtante, tue ou guérit, elle est le remède et le poison à la fois.

Elle vit dans un coin oublié de son jardin noir, dans son univers pétrifié, que le temps n'affecte pas. Au début, on la remarque à peine. Puis, elle se développe un peu plus jusqu'à devenir tentaculaire et anéantir le jardin d'Eden de sa farouche insolence. Elle n'est que reine des petits espaces ensauvagés, ultime refuge de la nature incontrôlée. Elle n'est que rose masquée de résilles et entourée de barbelés...


Pourquoi la chasser ? La mauvaise herbe n'est pas celle que l'on croit. Jolie plante, meurtrière étouffant les plus belles fleurs. Tapie dans ses recoins, elle guette un instant d'inattention pour conquérir son territoire. Etrangère anonyme, étrange substitut de la beauté. Lèpre du jardin, maladie qui ronge comme la mélancolie. Compagne indésirable à la pâle et froide beauté, elle ne devient bonne que si l'on fait l'effort de la connaître.
Au lieu de la maudire, l'admirer, la protéger, elle qui appartient aux décombres, aux lieux ouverts, bouleversés, caillouteux, offrant lumière et disponibilité d'expression. Elle qui se repaît des reliquats de l'œuvre humaine.
Aimer l'herbe vile et mauvaise, la laisser coloniser son jardin, lui rendre ses couleurs délavées de rosée, lui faire une petite place pour lui permettre de s'épanouir, la protéger des vents fous, des oiseaux de mauvais augure.

Obéissant aux lois du vent et du hasard, la mauvaise herbe reviendra toujours... Si jolie à regarder... Inutile ? La mauvaise herbe s'en fiche, elle est libre... Véronique, mon jardin, clochardisé par un néfaste abandon, n'est plus que l'ombre de lui-même, livré à tes haillons de mauvaise herbe...

Publié par ecrirecesthurler à 09:29:58 dans Souvenir :) | Commentaires (72) |

Le théâtre de la vie | 13 septembre 2006



La vie n'est pas une comédie. Elle n'est pas un drame non plus. Rien n'est plus tragique que de se contenter de vivre. Rien n'est plus comique que de passer à côté de sa propre vie.

Nous sommes aux premières loges pour affronter nos ombres, nous sommes les mieux assis pour assurer notre devenir. Nous nous contentons de peu, certes, quelques décors, quelques costumes. Faut-il pour autant les changer irrémédiablement ? Faut-il toujours recommencer interminablement ?

Pourquoi ne pas nous asseoir et profiter du spectacle ? Rester là, conquis, en admiration, à épier le temps qui s'écoule hors de nous. A ne plus tourner la tête vers le passé, à ne plus nous préoccuper de nos voisins de misère. Il faudrait pouvoir sans cesse sourire derrière notre masque, oublier les mélodrames qui font de nos vies un enfer, un enfermement et simplement nous laisser guider vers le firmament.

La vie n'est pas un théâtre, nous n'en sommes pas les premiers acteurs. Nous devons méditer cela et croire en notre destinée. Jouer sur le devant de la scène, le tout premier rôle. Les seconds sont bien trop éphémères. Savoir résister à l'usure des planches et des velours, savoir continuer malgré l'érosion des je, être nous-même au détour des contours.

Apprendre notre texte n'est pas suffisant, le réciter tel quel n'est plus captivant. Omettre quelques mots, souffler comme un écho, c'est pathétique ! Emouvante pièce qui se joue devant nous, éprouvante répétition de nos actes manqués, le masque va tomber, bientôt, le public sera salué, les acteurs remerciés, et nous... nous disparaîtrons derrière le rideau de nos cils...

Publié par ecrirecesthurler à 07:34:08 dans Souvenir :) | Commentaires (70) |

Je voudrais tant que tu comprennes | 07 septembre 2006

Mylène Farmer - Je voudrais tant que tu comprennes

Pour qui se reconnaîtra.

"Non, la vie n'est pas faite que de pétales de roses. Il y a des épines et, parfois, ça fait du bien de se piquer. Ca réveille, on évacue, ça fait mal.
Mais la vie c'est pas un rêve éveillé. Malheureusement, parfois, il y a des tempêtes de cauchemars.
Il faut tout de même avancer, f
aire voguer sa barque. Pour aller au prochain quai, à
la prochaine île, histoire de voir si la vie est plus belle. Toujours avancer dans le flux et le reflux.
Et pour vivre et survire, parfois, il faut affronter ses propres ombres, seule, pour n'en sortir que plus forte..."

J'ai besoin de repos aussi.
A bientôt.

Publié par ecrirecesthurler à 19:17:44 dans Souvenir :) | Commentaires (72) |

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